Pourquoi courir le monde quand on a tout sous sa fenêtre?
Quand on peut se retrouver en dix minutes au milieu de ce paysage, sans autre moyen de transport qu’une paire de chaussures, et qu’un bâton de buis? Brume, lumière et chants d’oiseaux…
“Mais il y a la mer”…
On pourrait s’y rendre en avançant tout droit sans rencontrer personne sur des kilomètres, à la vitesse d’un petit voilier au près. Pas celle des Imocas du Vendée-Globe! Celle du “Baluchon” de Yann Quenet, plutôt…
Aussi que répondre à ceux qui demandent pourquoi. Pourquoi le bateau, après tant d’autres choses? Pourquoi tout seul? Combien de temps? Je n’ai pas de réponses. Ou plutôt aucune qui ne me semble suspecte, collée après coup par besoin de rendre légitime ce qui n’est qu’élan, intuition, instinct… Une fuite en avant, en arrière; un pas de côté? …
“J’ai vraiment l’impression d’être parti hier” ont dit plusieurs skippers interviewés à leur arrivée. En regardant leur visage, leur façon de se tenir sur le pont, en écoutant leurs premiers mots, on comprend ce que c’est d’être pleinement vivant. Pas tant parce qu’ils mènent à 25 noeuds leurs avions de chasse…
… Mais parce qu’ils ont su dompter en eux le raisonnable autant que le déraisonnable, assez pour que la mer puisse les remplir comme elle le fait avec les thons ou les oiseaux de mer. Aucun n’a dit que c’était simple.