Vol direct Toulouse Corfou. L’avion se pose; touffeur presque Caraïbe. Hotel Bretagne; puis ferry pour Igoumenitsa.

A l’accueil, Sofia a beau se casser gentiment la tête pour moi, il n’y a pas de bus pour Préveza aujourd’hui, sauf à passer par Ioannina dans l’intérieur des terres. Un taxi? une nuit d’hôtel de plus? .. déjà l’IA m’avait annoncé la couleur avant de partir: plan-B, plan-C, plan-D… rien de vraiment concluant.. je le lui dis; elle éclate d’un rire frais: “Chat-Gpt?.. j’ai fait pareil que toi!”. Quand je reviendrai Sofia sera fabriquée en Chine et saura rire en 13 langues.
Corfou by night, encore du monde mais ça va. Les restaus sur la corniche sont à des prix asiatiques ou russes. A l’intérieur en cherchant, on trouve plus raisonnable. Puis je balade. Comme Corfou est charmante, enchanteresse. Cela tombe bien quelque soit l’option elle est sur la route du retour!

A Preveza PONYO m’attend sur sa pendille, sage comme une image et la survie est revenue à bord depuis le Pirée. Rien ne cloche. Je m’apercevrai plus tard qu’en 3 mois une coque impeccable peut se recouvrir d’un demi centimètre de créatures semi-minérales insensibles à l’antifouling. Le temps de (ne pas) s’habituer à la chaleur à bord (eau à 30, intérieur à 34), à l’ambiance de cette marina (dépourvue de chaleur humaine, mais ça ne fait pas baisser la température), et je rejoins la grande baie de l’autre côté. Un tunnel sous la mer relie la ville à l’aéroport.
Preveza est une escale pratique pour refaire le plein des coffres et des équipets. L’ambiance, ionienne, ne pousse pas à l’échange; chacun vaque à ses petites affaires. Mais peut-être suis-je influencé par l’univers un peu sombre de Robin Hobb…
La bonne surprise vient du “Posto-Café” découvert par Chantal et Markus; certes l’estaminet ne paye pas de mine, mais on y sert une pression fraîche, bonne et pas chère, accompagnée à chaque verre d’une petite assiette de mezzédes, viande mijotée et frites, et le patron est un gentil. La musique est grecque, tendance Rebetiko. Quelques photos de musiciens au mur et je lui demande de me donner trois ou quatre noms d’artistes grecs qu’il apprécie. Pendant qu’il écrit en se grattant la tête, une petite jeune fille toute mimi fait son entrée, tirée à quatre épingles. C’est ta fille?… tu peux lui demander sa playlist à elle?… Et la voici qui réfléchit, ravie qu’on lui demande son avis. Je vous ferai le retour plus tard.
L’heure est à se remettre en mouvement. Antipaxos, Paxos, Corfou, Othoni… jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de renoncer à faire un choix: laisser tomber Venise, un détour de 1000 milles qui risque de me faire arriver en France en décembre. Ou tourner le dos à Messine ….
Et c’est sans compter avec un régime de nord qui devait succéder à un sud prévu hier, que je cherche aujourd’hui au moteur! 1000 milles?.. mais combien au louvoyage entre une côte orientale de l’Italie peu attractive, et une Croatie qui ne me fait pas rêver?
Mais le rêve renaît de la nuit, de l’ennui, de la vie… C’est le vent qui gonfle la voile. C’est le rêve qui l’aspire. Alors, PONYO, joli bateau … on est parti? (je lui parle comme à un cheval… Robin Hobb? ou Marie Tabarly?)…
– PAXOS-ANTIPAXOS :

Je n’ai pas pris trop de photos de ces deux îles jolies, boisées … fréquentée (nous sommes toujours en août). Un joli mouillage pas très loin du petit port de GAIOS, sur PAXOS, après une navigation sereine au moteur puis à la voile. Il faut se remettre dans le bain. ANTIPAXOS, a de belles falaises entrecoupées de baies turquoises, bondées de yachts. PAXOS est plus grande mais je pressens que Gaios sera plein. Un coup d’annexe me convainc que je n’y ai pas ma place.
L’endroit a dû être ravissant, avec sa petite île séparée de terre par un chenal accueillant des bateaux trop nombreux et trop gros. Une taverna honnête, trois petits tours et je m’en vais. J’ai déjà déprimé pour moins que ça. Cette faune-là me hérisse le poil. A revoir en janvier ou février peut-être…
– CORFOU :
Corfou – ville … car il y a aussi Corfou – l’île, que je longe le lendemain dans un vent hésitant puis se renforçant jusqu’à 15 ou 16 noeuds, mais surtout qui tourne favorablement en me permettant de gagner au près vers le nord avec une belle trace en arc! Mais j’apprends aussi la mort de mon ami Olivier et le coeur n’y est pas. L’arrivée sous les remparts du fort de Corfou et une rapide balade à terre me changent les idées. Que c’est beau ici! Le soir tombe; les rues sont pleines. Couples, familles…

Difficile d’apprécier le vieux quartier, les vieilles rues. Qui plus est la chaleur est accablante, humide, collante… J’y retournerai demain tôt, à la fraîche… enfin, façon de parler: l’eau est à plus de 31; l’intérieur à 35; les draps mouillés, l’aération inefficace…
Le lendemain je petit-déjeune en ville et me perds dans les rues avec bonheur. Corfou est infiniement plaisante, arborée, ombragée.. Dès que l’on fait cent mètres à découvert on sent la morsure du soleil. Entre les ruelles il y a toujours un filet d’air. J’avance lentement, trempé vite et durablement.

C’est une ville très italienne, avec une interpénétration de quartiers, de parcs, d’allées, de ruelles… Je m’offre même la visite du fort! En fait je veux aller voir l’églse St Georges, avec son faux air de temple grec, et grimper tout en haut du phare.


Je rencontre pas mal de promeneurs éprouvés de tous âges. Mais la vue en vaut la peine. En redescendant, l’oreille attirée par un air d’opéra inattendu en ces lieux, je découvre l’impressionnant bâtiment de l’école de musique …. mais il est temps de retourner à bord. Baignade, installation express du petit taud de cockpit, et ingestion de divers liquides. Demain matin il faudra refaire quelques courses en prévision d’une autarcie de plusieurs jours dans les petites îles du nord, direction Othoni, sauf avis météo contraire,

Adieu jolie Corfou … Dans quelques jours nous saurons peut-être où nous allons, nord ou ouest… Quel suspens!






– ITHAQUE : la baie de Vathi … toujours aussi belle. J’y retrouve Marcus et Chantal avec plaisir. Beaucoup de monde et du vent.















(adieu Cythère…)



KALAMATA :
(* )
























– Baie d’ALYKI, Paros.
Dans “Into the wild” cette quête échoue: l’exaltation du héros devant les paysages sublimes et désolés qu’il traverse ne renvoie qu’à un égoïsme insensé. Le héros s’est trompé. Et “le bonheur ne vaut que s’il est partagé”. J’ai vu ce film il y a longtemps. Je ne sais plus de ce qui animait ce jeune homme. Je ne me souviens que de sa sincérité, son absence de filet revendiquée et courageuse!