
J’ai chassé dans la nuit. Fond d’herbes, arrivé hier fatigué, météo calme… Mais je savais que mon ancrage était moyen. Suis allé dormir une heure, en me disant qu’il n’y avait pas le feu… et puis j’ai laissé tout comme ça et suis allé me recoucher sans activer l’alarme de mouillage.. Ca n’a pas loupé: le vent a éternué du nord… à 6 heures le voisin tambourinait au balcon.
J’ai sorti 15m de chaîne, reculé au moteur… L’ancre a raccroché. Et suis allé me rendormir jusqu’à neuf heures… Au matin profitant d’un alignement favorable des plat-bords j’ai tout remonté et on repart.
Envie d’aller flanner à Nice, juste à côté, de longer la plage de la Baie des Anges, de l’effleurer de l’étrave comme Raoul Dufy de son merveilleux pinceau…

Malgré le ciel plombé par cet Est mollasson, c’est très beau, très ample, très “Biarritz”, et je suis tout seul ou presque dans le paysage. Quel luxe!… Pas seulement le luxe des quartiers chics, la Promenade des Anglais, les palaces, le “Negresco, tout ça… Celui d’être là dans mon petit bateau, de m’offrir cette ‘plaisance’ pour le petit déjeuner, encore un pied dans les rêves, par ce petit matin d’octobre; on vient à peine d’entamer le mois.


Un jour ce genre d’innocence-trip sera interdit. Au nom de la sécurité, par extrémisme administratif, ou simple caprice de riche, de jaloux qui s’emmerde. Puissent les petits canards en Optimist que je croise sur ma promenade marine connaître à mon âge la même liberté heureuse. En avoir le choix.

Il décolle un avion toutes les minutes à peu près; l’aéroport est au bord de l’eau. Leurs ailes s’inclinent sur tribord comme pour longer la plage dont les passagers ne voient probablement que le ciel, ou la mer. A ce moment précis je suis persuadé que seule la beauté peut sauver le monde, qu’elle seule peut être assez forte pour tenir en respect notre envie de tout posséder, notre insatisfaction, notre besoin imbécile de faire mal.
Le vent est paresseux et j’enroule le génois. Après l’étape d’hier j’arrive aux îles de Lérins avec l’impression qu’on vient à peine de partir. Je mouille entre le chenal et St Honorat, il y a du monde mais pas trop; du sable… Laurent m’appelle tandis que j’essaie de me repérer parmi les bouées rouges et vertes du chenal.

Deux vieux gréements italiens jettent l’ancre non loin. C’est vrai! mon frère m’a appris que c’était la semaine des “Voiles de Saint Tropez”. On y sera demain, par chance, vendredi avant le week-end, avec PONYO! (…) Ben quoi? le voilà qui fait la tête à présent!… Mais non je ne t’ai Pas traité de vieux gréement! On croit rêver!
Reste à trouver là-bas un mouillage quelque part… mais… A chaque jour suffit sa peine n’est-il pas?

( le soleil puis la lune, puis le lever.. )










(en quittant Ischia … )


On ne saura jamais. Maintenant on connait toutes sortes de réponses à tant de questions qu’on ne se pose pas…


Tous pleins faits, nous voilà donc en route pour Capri. La remontée de cette côte italienne n’est pas palpitante, d’autant qu’à couper au plus court je ne la vois que d’assez loin.























C’est une ville très italienne, avec une interpénétration de quartiers, de parcs, d’allées, de ruelles… Je m’offre même la visite du fort! En fait je veux aller voir l’églse St Georges, avec son faux air de temple grec, et grimper tout en haut du phare.









– ITHAQUE : la baie de Vathi … toujours aussi belle. J’y retrouve Marcus et Chantal avec plaisir. Beaucoup de monde et du vent.









