– Macinaggio est un port idéalement situé sous le Cap Corse, sur sa côte Est.
Entre Macinaggio et St Florent à l’ouest, il n’y a guère d’abri. Mon choix de coeur était Bastia, le Vieux-Port, plus au sud. Mais je n’ai eu aucune réponse. Un simple message du style “nous sommes actuellement fermés, mais vous pouvez vous rapprocher du nouveau port de Toga…” suffirait. On peut être Corse et poli. D’ailleurs port-Toga répond assez vite, mais je suis déjà parti pour Macinaggio. Tant pis, je renonce à Bastia mais je n’aurai plus qu’à traverser.
Car rien ne dit que les vents de sud-Est qui soufflent actuellement dans la région se maintiendront.. Echange de mails, inscription sur ‘Magellan’?.. (un site qui gère une dizaine de ports en Corse), j’arrive jusqu’au niveau ‘validation de votre réservation’ . Mais au mileu du chenal, j’apprends qu’il faut verser des arrhes en ligne. Trop tard, plus de connexion. Et cette logique de bureau est sans fin.
Le vent est favorable. Il n’y a pas trente milles jusqu’à Macinaggio, mais il nous faut arriver avant 17h30, ordre de la Kommandantur! Alors nous marchons à la voile et au moteur, pour ne pas faire attendre. Je suppose qu’ils finissent à 18h. Amarrage vent de travers, deux ‘gamins’ m’assignent un emplacement dont il sera difficile de s’extraire demain matin alors qu’il y a de la place partout; accueil minimaliste, douche froide qui pissotte, qu’on ne supporterait pas chez soi…. pas la meilleure étape.
Je quitte ce petit monde le lendemain aidé par mes sympathiques voisins allemands, avec tous les pleins faits eau, gasoil, quelques courses au Spar du village bien achalandé, en vins et fromages locaux, dont un brebis excellent, et tant de choses dont on apprend à se passer hors de France. Vent déjà sensible venant du quai, le pompiste gère les amarres avec efficacité: serviable, chaleureux, compétent, et gentil; il ne se sent pas obligé de se montrer pète-sec avec les ‘pinsutti’ pour leur en remontrer. Il est au-dessus de ça.

( parages du cap Corse avec la petite île de la Giraglia )
Neuf heures! C’est parti pour la traversée! : 100 milles, 24 heures… Il ne sert à rien de partir trop tôt, ou trop vite. Aux Baléares il m’avait fallu “freiner” le matin à l’arrivée pour mouiller de jour… J’appréhende inutilement. Le vent, arrière, se montre d’une régularité impressionnante. Tandis que nous faisons route sous grand-voile seule, un bulletin spécial du Cross nous rattrape, qui annonce un grand-frais du côté de Port-Camargue (‘a gale’), et je décide d’affaler en début de nuit pour remplacer la GV par le génois plus facile à réduire si le vent forcissait aussi dans notre zone. J’ai un peu de mal avec le roulis dans l’obscurité.
( le soleil puis la lune, puis le lever.. )

L’air est doux. Je lis ou je ne fais rien, ou bien à manger, ou encore je passe en revue les rares mouillages continentaux protégés du sud-Est tant qu’il y a du réseau Je fais des captures d’écran de Windy, de Navily, à consulter hors-connexion. En arrivant je sais que je n’aurai qu’une envie: dormir. Pour l’instant tout va bien, j’ai de la chance, on avance comme sur un tapis-roulant, un peu houleux, peut-être… La lune se lève, énorme, au trois-quart pleine, ce qui aide bien. Il n’y a qu’en arrivant à Villefranche-sur-mer que l’absence de sommeil se fait sentir juste avant le lever du jour. Le mouillage est herbeux, profond, un peu agité. Il tombe trois gouttes. Neuf heures, je rejoins ma banette. Je viens de passer 24 heures sur l’eau.
Maintenant le nord peut souffler.









(en quittant Ischia … )


On ne saura jamais. Maintenant on connait toutes sortes de réponses à tant de questions qu’on ne se pose pas…


Tous pleins faits, nous voilà donc en route pour Capri. La remontée de cette côte italienne n’est pas palpitante, d’autant qu’à couper au plus court je ne la vois que d’assez loin.























C’est une ville très italienne, avec une interpénétration de quartiers, de parcs, d’allées, de ruelles… Je m’offre même la visite du fort! En fait je veux aller voir l’églse St Georges, avec son faux air de temple grec, et grimper tout en haut du phare.









– ITHAQUE : la baie de Vathi … toujours aussi belle. J’y retrouve Marcus et Chantal avec plaisir. Beaucoup de monde et du vent.











