Le premier contact avec Milos est géologique… Grottes marines, volcaniques, mélange de pierre blanche et de basalte, pains de sucre bruns à l’entrée de la baie….

Le second c’est cet étrange village coloré au ras de l’eau, bien en-dessous de la ville haute.
Une fois réalisée la vidange du Perkins (toutes les cent heures environ), je loue un 125 et nous voilà partis pour KLIMA, le nom de ce village de pêcheurs.

-KLIMA:
En été ce doit juste être insupportable. En cette saison et à cette heure il y a encore peu de monde: un couple d’amoureux en mode selfie, un monsieur entrain d’enlever le varech et les cailloux déposés devant sa maison, et une jeune femme que j’avais saluée en garant mon scooter plus haut. L’accès à la plage est piéton. Elle “sulfate” un devant de porte. Je lui demande ce qu’elle fait. Elle lutte contre les insectes, entreprise privée commanditée par la mairie si j’ai bien compris. C’est la plus belle fille que j’ai vue en Grèce, le genre qu’on imagine danser sur une fresque crétoise. Je n’ose pas lui demander de la photographier. Avec les meilleures intentions les filles, les enfants, les gens, d’une manière générale, restent difficiles à incorporer dans un blog amateur! ..

Au fait, pour ceux qui se le demandaient, Milou, le nom du chien blanc de Tintin n’a rien à voir avec Milos (le génitif -de Milos- est Milou) mais plutôt avec une ancienne amoureuse d’Hergé prénommée … Marie-Louise.
Ces maisons de pêcheurs rappellent un peu les cabanes de Gruissan, Un garage à bateau en bas, une habitation sommaire à l’étage. Dans celles qui n’ont pas encore été dénaturées par des nordistes à haut pouvoir d’achat (et souvent un prévisible goût de chiottes), on peut essayer d’imaginer en marin la vie de ces personnes pauvres, une vie forcément rude, leurs barricades précaires contre les vagues, leur petite trappe pour rentrer ou mettre le nez dehors quand la mer est dure. Ce n’est pas fait pour faire joli; encore moins des sous. Juste vivre, nourrir sa famille, survivre…
Quantité négligeable de leur vivant; leur petit village simple excite les convoitises de ceux qui ont déjà tout. Le riche enviera toujours le poirier du pauvre, Et de relooker le quartier en village typicaly greek, mais pas trop crade, pour pouvoir le louer en RB&B à des capricieux! Ah le syndrome du pot de géranium dans la roue de charrette campée au bon endroit, comme tu peux nous faire du mal. Pauvres pêcheurs tués deux fois. Auriez-vous seulement eu l’idée de numéroter ostensiblement les planches de vos devant-de-porte? Ikea sors de ce corps!
– vers PLAKA:
Aussi quelle idée de voir le mal partout. Elevons-nous! Milos n’est pas la plus belle île que j’aie vue. Elle n’a pas la classe d’Amorgos, l’histoire de Rhodes, d’Ithaque, de Pathmos, la sauvagerie d’Ikaria, la diversité de Chios ou de Lesbos… mais elle s’avère photogénique. Ainsi de ces acteurs ou ces actrices qui ne sont pas les plus belles, les plus beaux, mais qu’on regarde. Théophile Gautier décrit ainsi “l’Isabelle” dans son Capitaine Fracasse: “Quoiqu’au premier abord elle attirât moins l’oeil que la Sérafina, elle le retenait plus longtemps. Si elle n’éblouissait pas , elle charmait, ce qui a bien son avantage”.


(Traduction Google du poème sur le mur: “Sur le roc de la persévérance, Iles Egées, nous attendions tes voiles blanches, Que nous reste-t-il, mers, mers. [Sinon] couler nos propres navires. D. Tiniakos)

La montée au kastro, un peu raide, vaut le coup. En redescendant on passe devant le musée archéologique. L’Aphrodite de Milo (sa copie en plâtre, mais de belle facture, l’original est au Louvres) est là, ainsi que de nombreuses pièces datant de la moitié du 3ème millénaire avant JC.
C’est un très beau musée, petit, mais rempli de pièces de qualité exposées avec goût et intelligence. Le théâtre antique, lui, est entièrement reconstruit en marbre neuf selon la nouvelle politique archéologique, semble-t-il, de la Grèce, à laquelle je n’adhère pas.
– LE MUSEE ARCHEOLOGIQUE:


(pichets à becs tordus, bijoux, instruments de musique en coquillages, pointes d’obsidienne…)

La ‘Vénus’ trône encore sur le chemin des catacombes (qui ne m’intéressaient pas je ne les ai pas vues) et du théâtre. Que peuvent bien penser ces jeunes touristes en méditation devant la déesse (*) ?
Le reste de l’île, et son tourisme de plage, ne m’incitait guère à prolonger la visite. Je suis rentré à Adamantes. Mais il en faut pour tous les goûts. A chacun son film.
(*) l’emplacement exact de l’endroit où la statue a été découverte dans son champ par un paysan aurait été perdu. Quand on sait que des chercheurs de trésor non loin de chez moi, à Rennes-le-Château, on eu recours aux explosifs et creusé des tunnels dans le village, on peut comprendre. Il en est de même de la niche qu’elle adornait. Où se trouvait-elle? Dans le plus bel endroit possible j’imagine… Peut-être réinvesti par un édifice orthodoxe plus tardif? Rêver de passé, d’avenir, c’est toujours rêver…
La carte météo prévoit encore pas mal de vent pour ce dimanche; surtout il se renforce à l’approche de Milos. Force 6, 22 noeuds, mais cela peut être plus fort. Et c’est loin, plus de 60 milles. Même si tout va bien ça fait arriver après le coucher du soleil. Que faire? Attendre le lendemain, où ce sera pétole sur la première partie du trajet. Ou être optimiste, audacieux, inconscient.. supprimez les mentions inutiles…
Au milieu du parcours 2ème ris, ça devient sportif, je jongle avec la taille de mon bout de génois, la position du chariot d’écoute. Surtout ça impose une tension physique et mentale constante et il fait froid. Pourtant je suis équipé, j’ai un bon pilote auto, un bon bateau, il n’y a pas plus de 23 noeuds de vent… 24… 25. Je pense à Vito Dumas, Slocum, Moitessier. Comment faisaient-ils? C’était des géants!. Et moi je tarde trop à réduire de nouveau.
Car la dégradation est lente, régulière, insidieuse. Je prends la barre une vingtaine de milles avant d’arriver. Et puis enfin le troisième ris dans des conditions plutôt musclées. Le vent est passé NW, presque largue, mais ça ne simplifie pas les choses. Seule la vitesse s’accroit, 7-8 noeuds dès que je sors un peu plus de génois. Il faut avancer. Je ne dirais pas que j’ai peur: je ne doute pas d’arriver derrière Milos pour me mettre à l’abri, au travers le bateau reste manoeuvrant.
Quand le soleil se couche il reste 9 milles à parcourir. Peur non. mais bouffé par l’inquiétude, tendu pour ne pas me prendre l’îlôt tribord, pour lire le paysage dans l’obscurité, le cap dans les embardées, vérifier et revérifier les fonds,































(Cavaliani)



(Nea Skyra)


(Kea)


(Sounion)
(Egine)






Bernard et Bénédicte nous amènent en voiture au ferry que nous prenons ensemble, métro, avion, Paris, Toulouse… C’est bien fini pour cette année… Un beau coucher de soleil sur les vitraux des Jacobins, sur la Garonne … bien peu de chance d’apercevoir un dauphin. Les gens parlent tous français; la ville est saturée d’informations, de codes nouveaux, de choses dont l’utilité m’échappe… ‘Etsi Einai’: c’est ainsi!

(υγεία μας ; [Yamas!]: Santé !)


La traversée est sans souci: génois, spi-asymétrique, moteur… Le vent se cherche. Nous prenons une bouée dans l’anse-port de Vourkari; c’est tout de même plus facile à plusieurs! Baignade; l’eau est à encore à 22-23, le calme quasi total, la Grèce sans personne, les gens adorables,




(Bowie …







(Vaisseau dans le ciel..)


(anse Boùfalo)


..
