(… “temps pendant lequel un poste, une fonction ou un bien reste sans titulaire”)
La remontée s’accélère; pourtant le temps semble s’étirer… Date butoir et navigation font rarement bon ménage. La solution?: arriver en avance, partout, et attendre.
Je retrouve le canal de LEFKAS, dans le sens sud-nord cette fois. Mouillage d’attente tranquille le soir, et réveil à six heures pour passer le pont mobile à l’ouverture, à 7h30; nombre de voiliers s’engagent déjà dans le chenal.


Je ne sais toujours pas comment ni où je pourrai stopper le bateau en attendant de passer, ni combien de temps , avant que la sirène du pont ne déclenche le rush. J’ai préparé amarres, défenses, mouillage… apparemment je suis le seul. Mais ça se passe bien; les bateaux ralentissent, s’arrêtent et se maintiennent dans l’axe sans trop d’efforts. Le pont ouvre à peu près à l’heure prévue, et je me retrouve dans la baie de Prévéza avant d’avoir réalisé.

La priorité est de contacter la banque par courriel ou Whatsapp, via la tablette, ce qui suppose au moins un contact répertorié.. et réactif; puis de trouver un téléphone, le faire reconnaître par l’application, désormais incontournable.
Heureusement que mes ‘conseillers’ ne me laissent pas tomber, et que j’ai de la chance. Revenir du côté éclairé de la Force tient à peu de choses: un humain concerné quelque part.
Et l’on prend conscience que le téléphone n’est plus un choix mais une obligation. Que l’IA sans le bon identifiant peut vous refuser le droit à l’existence, et qu’une race de tracassés à l’esprit compliqué s’est emparé insensiblement du monde pour lui dérober le soleil.
Heureusement quelques bons moments passés avec le amis de Vinarius, qui laissent eux aussi leur bateau à Prévéza pour l’été – mais pas dans la même marina – me font relativiser cette semaine déprimante.
Préparer PONYO pour les deux mois ou il-(elle) va m’attendre à Cléopatra Marina, nettoyer intérieur et extérieur, rincer les toilettes à l’eau douce, fermer les vannes, rajouter de l’antifongique dans le gasoil, un peu d’Aquaclean dans les tanks, cravater le génois, faire tremper les écoutes, doubler les amarres, ‘ravoir’ les pare-battage au.. Décap’four! (proscrire absolument l’acétone qui en attaque durablement la surface), vider et éteindre le frigo… et bien sûr affronter en ‘mode-sans- échec’ le monde impitoyable des réservations aériennes.. tout plutôt que rester dans les Ioniennes en juillet et en août …

En septembre, on sera passé de rouge vif à orange foncé. Vivre devient vertigineux. Est-ce cela vieillir? Se sentir devenir étranger au monde? Etranger à ce que devient le monde?… un écosystème pour gens des villes qui commence à la marina, avec le téléchargement de la banque, puis de l’application Cléopatra pour accéder à la borne d’eau, puis celles du site de voyage et des deux compagnies aériennes.. sans compter une bonne journée et demie pour venir à bout du paramétrage du nouveau téléphone …
Avant on tournait un robinet et on avait de l’eau, on actionnait un interrupteur pour obtenir du courant (sans avoir à faire défiler un organigramme de sous-menus pensé par et pour des machines, en cherchant partout ses lunettes), et ce qui était normal c’était que les avions arrivent à l’heure.
Aujourd’hui je jongle entre trois appareils menaçant de s’éteindre équipés de trois systèmes d’exploitation différents, plus un carnet d’identifiants, deux paires de loupes et un cerveau unique né bien avant Windows. Et je demande à Chat-Gpt de me réserver un restau ouvert à 13h30. C’est plus rapide que Google. Cela crée une dépendance …
Le monde change mais le diable se sert des mêmes ficelles. Etait-ce mieux avant?…

Le retour, incertain comme un quart de finale: le ciel au-dessus des nuages; les rues deToulouse, l’été, l’Aude, le jardin: c’est fou ce que tout a poussé. Elaguer, aérer, respirer …

… surtout ne rien télécharger ! Basta ! : “le cave se rebiffe”. Si l’on remplissait nos sacs à dos comme on surcharge nos cervelles, on ne verrait pas grand monde sur les sentiers de randonnée!
A bientôt PONYO, J’aimerais tant te faire découvrir Venise:
” Faut que j’t’invite à Venise avant que l’eau l’ait noyée
Tu peux laisser tes valises, on f’ra tout dans la journée
J’voudrais pas qu’un long séjour nous épuise …
Faut que j’t’invite à Venise …” (Nilda Fernandez)
– ITHAQUE : la baie de Vathi … toujours aussi belle. J’y retrouve Marcus et Chantal avec plaisir. Beaucoup de monde et du vent.















(adieu Cythère…)



KALAMATA :
(* )
























– Baie d’ALYKI, Paros.
Dans “Into the wild” cette quête échoue: l’exaltation du héros devant les paysages sublimes et désolés qu’il traverse ne renvoie qu’à un égoïsme insensé. Le héros s’est trompé. Et “le bonheur ne vaut que s’il est partagé”. J’ai vu ce film il y a longtemps. Je ne sais plus de ce qui animait ce jeune homme. Je ne me souviens que de sa sincérité, son absence de filet revendiquée et courageuse!







