

(la photo de droite est de Laurent)
La saison commence par des tonnes de choses à faire, Ce n’est pas faute de les avoir anticipées pour espérer surseoir à cette accumulation d’urgences de dernière minute … Mais la Grèce a son propre rythme. Le temps est à la pluie, Pluvieux. Plus vieux.
Me revoici aux pieds de Ponyo – Ponyo-aux-pieds-de-sirène aurait dit Homère . Tyrannique, coûteuse mais irremplaçable compagne…
La “gearbox” (inverseur) a été changée, reste la poignée des gaz, trop dure et incommode, les batteries à remplacer, le tableau électrique à modifier: les fusibles ont fait leur temps et laisseront la place à des dysjoncteurs thermiques. L’embase des chandeliers sera reprise à la résine, le carénage, ponçage, antifouling, polish des oeuvres vives … Sans compter les voiles (encore chez le sailmaker) et toutes les manoeuvres à réinstaller, et la myriade (10 puissance 4) de petits détails à régler qui rendent illusoires l’achèvement de la liste des travaux et le retour sur l’eau.

Mais tout arrive, y compris la rencontre de compatriotes audois, Laurent et Sylvain sur “Revolution”, un sacré joli nom de bateau (*), la mise à l’eau avec un retard somme toute raisonnable, et une arrivée en vrac à Egine-Port, qui fut une aventure en soi!
(*) parmi mes préférés: Revolution, Silence, et Animiste! ..
Car arrivé au moteur depuis le chantier, voici que la marche avant me lâche en faisant mon rond de reconnaissance en face du quai. Tant pis , j’en refais un en marche arrière, m’aligne sur la place, actionne le guindeau et … l’ancre descend puis ne descend plus, coinci-coinça de début de saison!
Moment de solitude.
Heureusement le voisin espagnol tribord m’aide à m’amarrer provisoirement tandis que mon voisin bâbord belge me crie des consignes inapplicables sur le mode “il fait n’importe quoi”. L’étrave de mon bateau pointe dangereusement vers le voilier ibérique; il suffirait d’une amarre lancée vers l’avant du bateau belge mais son skipper refuse, arguant que son mouillage neuf n’est pas prévu pour deux…
Finalement nous embarquons mes chaîne et ancre dans le dinghy de l’espagnol, 40m + lui + moi… “que te parece?” “veremos, haciéndolo!” et tout se passe au mieux, l’ancrage est efficace!
Le skipper bâbord m’explique que nous n’avons pas positionné l’ancre suffisamment en face du bateau … Il y a ceux qui expliquent et ceux qui aident.
Ah! j’allais oublier: Ali ne pourra plus me dire que je reste célibataire faute de pasarella!


Et enfin cap sur Poros, la mer, 15 bons noeuds de vent, 1 ris dans la grand voile, 7 noeuds au bon plein, le souffle du vent sur la peau et dans les cheveux … Comme ça m’a manqué!
Il fait plutôt frais en arrivant à Poros. Le port?… surtout pas! Un mouillage,, même encombré, même gris, car les sommets de Methana sont accrochés …
Un mouillage sans entendre le mot “euro”! J’ai trouvé Egine chère, ma chère Egine, et plutôt mercantile. La Grèce dans son ensemble est à la peine. La crise ici rend la vie dure. Pourtant comme partout ce ne sont pas les plus pauvres qui ont le coeur le plus sec.
J’irai à terre demain. Aujourd’hui Ponyo me garde du monde. Il pleut. Tout va bien.


(Cavaliani)



(Nea Skyra)


(Kea)


(Sounion)
(Egine)






Bernard et Bénédicte nous amènent en voiture au ferry que nous prenons ensemble, métro, avion, Paris, Toulouse… C’est bien fini pour cette année… Un beau coucher de soleil sur les vitraux des Jacobins, sur la Garonne … bien peu de chance d’apercevoir un dauphin. Les gens parlent tous français; la ville est saturée d’informations, de codes nouveaux, de choses dont l’utilité m’échappe… ‘Etsi Einai’: c’est ainsi!

(υγεία μας ; [Yamas!]: Santé !)


La traversée est sans souci: génois, spi-asymétrique, moteur… Le vent se cherche. Nous prenons une bouée dans l’anse-port de Vourkari; c’est tout de même plus facile à plusieurs! Baignade; l’eau est à encore à 22-23, le calme quasi total, la Grèce sans personne, les gens adorables,




(Bowie …







(Vaisseau dans le ciel..)


(anse Boùfalo)


..
















La ville est très agréable, très ouverte, sans chichi, facile à vivre.
(Puis le soleil luit)



Après le vent la pluie. Nous quittons Skopélos dans le grisaille pour Alonissos toute proche.


(la mer depuis la Chora)
