En remontant vers le nord il y a PAROS, ANTIPAROS juste au sud-ouest, et DESPOTIKOS encore plus à l’ouest (il y a une Anti-Paros comme il y a une Anti-Milos ou une Anti-Paxos, c’est à dire une île proche et plus petite)
La vague de vents d’ouest épargne le centre de la mer Egée et je finis au moteur, dans une baie calme, vaste et belle. Il y a dix bateaux ancrés près de “DESPOTIKOS” (“magistral”, selon le traducteur).
Mais je les boude. Je mouille côté Antiparos où s’alignent deux-trois tavernas. J’ai faim. La vue depuis cette rive est juste splendide (et l’addition aussi salée que la mer Egée). Il m’arrive de regretter mon “Maillol” (restaurant à St Cyprien, prix comparable mais en France, et pour de la Cuisine) .

Repu je traverse la baie; j’irai voir le temple à la rame demain. Aujourd’hui je savoure de vivre à plat, sans bruit, détendu et oisif.
Nuit sans souci. Le site sera-t-il ouvert? Un demi mille à la rame sur une eau claire, calme, turquoise, une grande piscine (et aussi vide de poissons). La guérite est fermée, le portillon aussi mais pas à clé. J’entre. Le site est élégant, ouvert, en pente douce.
Le temple est beau …

… et FAUX comme un jeton de casino. 98% de ce qu’on voit date de 2016! De vraies futures pierres d’époque: la nôtre. Cette fois l’équipe qui a réalisé les travaux, avec semble-t-il l’ambition d’en faire un Délos-bis, a laissé son nom sur le panneau qui gît à l’entrée.

Heureusement les endroits non refaits parlent encore du temps où il y avait ici de l’eau, des gens, prêtres, marchands, pêcheurs, bergers. Le dernier attend-il que j’ai regagné mon canot pour lâcher son troupeau, d’une bonne centaine de chèvres? Peut-être pas; pourquoi s’en ferait-il? nous sommes si peu durables, si inconsistants, si prévisibles sans doute. Ou il a ses horaires.


Mais ceci … .. cet édifice reconstruit avec seulement 3 pierres d’origine – zoomez sur la photo même les pierres martelées sont neuves … cette mystification!
L’époque, partout, est à la réinvention de l’Histoire! Il y a toujours une bonne raison pour cela. Effacer des traces, obéir aux ordres, satisfaire le plus grand nombre, se faire valoir,..
Si nous manquons à la vérité historique, l’Histoire, elle, ne nous manquera pas.

la commande cockpit du guindeau et descends l’ancre sous le davier. J’effectue un premier tour au moteur un oeil sur le sondeur, un oeil sur la girouette, les jumelles, le télémètre… Puis j’effectue des allers et retours sur le pont à l’avant du bateau pour observer le fond. Une fois choisi l’endroit, je réduis ma vitesse, mets le moteur au neutre, et boucle un demi-tour face au vent à un noeud environ; la vitesse doit être à peu près nulle quand l’ancre descend, mais le vent ne doit pas embarquer l’étrave.
qu’on attache plus court ou qu’on remonte à bord, mais l’idée de garder à l’arrière une annexe équipée de son moteur peut se défendre. Proscrire le noeud de cabestan (voir “Skiathos”).
Je fixe bôme, drisses et sangles pour éviter usure et bruits inutilement anxiogènes. Et fais la chasse à tout ce qui pourrait compliquer une manoeuvre imprévue ou d’urgence: pont ordonné, instruments laissés en veille, batteries des torches mises à charger, mesures de distances au télémètre notées, observation et anticipation du comportement des autres bateaux. Parfois je sors les pare-battage …











Sauf que le vent va crescendo. Il a tourné. L’étrave pointe vers la montagne, plus vers la passe: tant mieux, on sera protégé de la houle.









La carte météo prévoit encore pas mal de vent pour ce dimanche; surtout il se renforce à l’approche de Milos. Force 6, 22 noeuds, mais cela peut être plus fort. Et c’est loin, plus de 60 milles. Même si tout va bien ça fait arriver après le coucher du soleil. Que faire? Attendre le lendemain, où ce sera pétole sur la première partie du trajet. Ou être optimiste, audacieux, inconscient.. supprimez les mentions inutiles…
Au milieu du parcours 2ème ris, ça devient sportif, je jongle avec la taille de mon bout de génois, la position du chariot d’écoute. Surtout ça impose une tension physique et mentale constante et il fait froid. Pourtant je suis équipé, j’ai un bon pilote auto, un bon bateau, il n’y a pas plus de 23 noeuds de vent… 24… 25. Je pense à Vito Dumas, Slocum, Moitessier. Comment faisaient-ils? C’était des géants!. Et moi je tarde trop à réduire de nouveau.
Car la dégradation est lente, régulière, insidieuse. Je prends la barre une vingtaine de milles avant d’arriver. Et puis enfin le troisième ris dans des conditions plutôt musclées. Le vent est passé NW, presque largue, mais ça ne simplifie pas les choses. Seule la vitesse s’accroit, 7-8 noeuds dès que je sors un peu plus de génois. Il faut avancer. Je ne dirais pas que j’ai peur: je ne doute pas d’arriver derrière Milos pour me mettre à l’abri, au travers le bateau reste manoeuvrant.
Quand le soleil se couche il reste 9 milles à parcourir. Peur non. mais bouffé par l’inquiétude, tendu pour ne pas me prendre l’îlôt tribord, pour lire le paysage dans l’obscurité, le cap dans les embardées, vérifier et revérifier les fonds,




























