LEVITHA, SUR LA ROUTE DE LEROS

Il n’y a rien sur cette île, ou presque: une taverna, une famille, des chèvres, des moutons, un seul grand champ de céréales, et des cailloux.

Pas  de radio; pas de téléphone, pas d’internet ni de blog, de météo, ni nouvelles anxiogènes du reste de la planète. Enfin ..   quand on est tout seul à bord on aime bien de temps en temps entendre aussi un peu des voix humaines.

 

   

Des kilomètres de murs surmontés de branchages, jusqu’au bord du bord de l’eau… Quelques rares portails en bois. Fermés. Mais le monsieur qui passe au bateau  relever les bouées (9 euros pour 2 nuits) me dit que je peux aller partout à condition de loqueter les barrières derrière moi … Il me le dit en anglais, pas en patois! Je pense à la campagne de chez moi. Qui parlerait  anglais couramment dans un endroit aussi paumé, aussi désert … à part un anglais, bien sûr?  Même chez les jeunes … “Et pourquoi qu’y faudrait qu’on parle anglais cheu nous?…” Je ne sais pas, moi;  à quoi bon l’apprendre à l’école pendant sept ans si c’est pour rien  ??

Des bouées, deux containers, et une splendide faucheuse italienne toute neuve, un petit tracteur à benne, et quelques bateaux . Voila. On a fait le tour. Le reste existait déjà il y a 100 ans, il y a 1000 ans.  Quant à la taverna j’y serais bien allé mais tout le monde autour a mis son annexe à l’eau en même temps à 18h30… alors  l’envie m’en est soudainement passée!

 

LEVITHA – LA MAREE (INTERLUDE)

“…  Un monocoque arrivé juste après le coucher du soleil n’a pas trouvé de bouée disponible et a essayé de s’amarrer à la petite jetée. Il s’est retrouvé coincé sur des rochers et du sable. Il a pu repartir quelques heures plus tard à marée haute.”...  (commentaires sur Navily juin 2024)

Sans nier l’existence du phénomène de marée en Méditerranée, je ne l’ai pas constaté à cet endroit, au contraire de notre ami navigateur belge. J’avais prévu de rédiger un post sur ce même Navily (site d’avis sur les mouillages) à ce propos, mais j’ai eu peur d’être accusé de faire du mauvais esprit…

Pourtant ces trois photos très parlantes prises avant d’arriver ne laissent planer aucun doute sur le sujet. On y observe très bien …

… que sur la photo-1 la mer monte, que sur la photo-2 on est à l’étale de pleine mer, et que sur la photo-3 la mer redescend.

Un petit schéma vaut mieux qu’un long discours.

     

AMORGOS : HOZOVIOTISSA, EGIALI ET LE NORD

HOZOVIOTISSA :

    

Cette fois tout se passe ‘divinement’ …

Pas de bus ni même de voiture de location. Il doit être 10 heures. Le soleil brille, il n’y a pas de vent. Je gare le Sym sur le petit parking à la vue imprenable sur la mer au bleu profond, et emprunte le chemin aux larges marches qui monte au monastère, d’abord masqué par un pan de falaise. L’absence d’autres visiteurs permet de faire le vide dans son esprit, d’aller à son rythme, de  s’arrêter ou pas… Ce, pour dire que ce n’est pas une simple fixette d’agoraphobe un peu caractériel!

     

En haut un ouvrier ponce les montants d’un panneau d’informations vitré sous le regard du supérieur du monastère qui semble ne parler que grec. Je lui demande si je peux visiter sans déranger, et il appelle Panayiotis qui est entrain de passer l’aspirateur à l’étage. L’entrée est très basse, blanche entourée de pierre sculptée, en haut d’un escalier étroit et raide. Bien sûr pas de photos.

L’escalier continue à l’intérieur comme dans un château du moyen-âge, et aboutit à une chapelle qui semble être le lieu de culte principal; à l’étage  il mène à une sorte de salle étroite avec quelques ouvertures sur la mer qui sert parfois de lieu de réunion; et à un grand bureau aux murs remplis de photos de popes du passé. Difficile de ne pas remarquer le riche trône d’ivoire et d’ébène sculpté de plusieurs lions. Les pieds du fauteuil sont des pattes de lion aux griffes d’ivoire. Panayiotis me dit que c’est  un cadeau d’Hosni Moubarak.

Il me fait asseoir sur une banquette rouge et m’offre eau, loukoums, biscuits et un verre d’un liquide peu alcoolisé parfumé à la canelle et au girofle fait par les moines; sans doute pas sur place car il n’y a que le pope et les deux hommes que j’ai vus. Panayiotis est présent, agréable, et généreux de son temps. En été les visites se succèdent et l’occupent j’imagine à plein temps. C’est moi qui mets fin à la conversation pour le laisser travailler, mais j’aurais pu lui poser mille questions jusqu’à midi.

Le monastère aurait été fondé dans sa forme actuelle en 1088 par des moines venus de Palestine afin d’abriter une icône miraculeuse de la Vierge  rejetée par la mer.  C’est lui qui m’apprend qu’une des raisons de sa construction fortifiée était la menace récurrente des pirates; d’ailleurs le monastère n’est blanc que depuis les années 1880. Avant il se fondait dans la falaise et était peu visible du large.

Quand je redescends après l’avoir chaleureusement remercié son collègue passe du vernis sur le panneau et un couple de touristes arrive pour visiter.

EGIALI ET LE NORD :

 

Juste quelques photos… Superbe, différent, montagneux, des sentiers bien balisés partout, avec des petits villages perchés façon Corse et un tourisme familial qui peut attirer randonneurs, inconditionnels de la plage, campeurs, et amoureux de la nature. J’ignore à quoi cela peut ressembler l’été.

   

Mais j’abrège, demain je quitte Amorgos,.. pour Lévitha, île à l’Est idéalement placée sur la route du Dodécanèse, sur laquelle je ne sais rien.

AMORGOS : L’ILE MERVEILLEUSE

Beau temps; levé tôt, et décidé à louer un scooter! … Hélas ça ne s’annonce pas bien du tout: allées et venues de bus, gros bateaux de croisière dans la baie …  où que nous allions nous ne serons pas seuls. L’idée même d’arriver à la CHORA d’Amorgos ou au monastère d’Hosoviotissis avec une escorte de seniors en classe ‘découvertes’ me donne envie de fuir. Mais je loue quand même le Sym (c’est la marque qu’on trouve partout) pour deux jours. On verra bien.

Dernier café avec Chantal dans le petit salon de thé de charme qu’elle a déniché sur le port; le patron, roumain, parle français. Comme l’employé sénégalais du ‘rent-a-car’. A peine nous disons-nous au-revoir que déjà leur voilier  s’éloigne sur la route de  Naxos. Bon vent Vinarius!  

Un quart d’heure plus tard je roule vers Kalotaritissas à l’ouest, où nous avions jeté l’ancre l’an dernier par gros vent.

KALOTARITISSAS :

       

Je renoue avec les paysages que j’avais tant aimés, et roule sans m’arrêter, remettant  les photos à plus tard, convaincu de ne jamais parvenir à faire rentrer Amorgos dans mon téléphone. L’Iphone?.. J’ai déjà fait dix kilomètres quand je m’avise qu’il n’est dans aucune de mes poches! Ce n’est pas vrai ! je vérifie cent fois par jour que je l’ai sur moi! une vraie névrose! .. Mais ma poche est ouverte… (je vous assure que  ce n’est pas un procédé d’écrivain raté pour entretenir le suspens). Demi-tour. L’étui est rouge, ce n’est pas par hasard…

Je le retrouve par terre au dernier endroit où j’avais consulté la carte. Pffff !

 

Je reconnais le champ de l’an dernier à son panneau ‘à vendre’, l’épave de l’Olympia, l’anse aux eaux turquoises,  son  bar de plage encore fermé. Les bateaux de pêche sont à sec pour l’hiver. C’est juste beau. Sur le retour la ‘baie du Paradis’;  au-dessus  un monastère avec de nombreuses fenêtres sur une vue inépuisable.

 

Plus loin je m’aperçois qu’un des bateaux de croisière vient de quitter la baie. Essayons de visiter la Chora, si la foule est repartie …

LA CHORA :

Comment peut-il exister des endroits aussi beaux? Non seulement il n’y a personne, mais contrairement aux Choras mercantiles des Sporades ou d’ailleurs, rien n’est là pour faire joli. Je vais de surprise en surprise. Chaque pas est un pas vers le bonheur. Les gens sont gentils, accessibles; je ne remarque pas cette  défiance latente que l’on  ressent assez souvent en Grèce. Etranger … On s’y fait bien sûr. Comme on se fait au poids d’un sac.

   

     

Et je fais là deux belles rencontres.

La première sur la place, d’une jolie guide avec qui je parle longuement de la Grèce, des autres îles, d’Athènes ou elle vit, d’Istanbul … Comme le temps passe vite quand on parle la même langue… “Il suffirait de presque rien peut-être dix annéees de moins”… disons  vingt!    “Vraiment de quoi aurions-nous l’air?..”

La vie a de drôles de distractions.

Et la seconde un peu plus bas dans un petit ‘estiatorio’ (restaurant) ombragé où je mange d’excellentes ‘favas’, un couple plus âgé qui vit en Australie, la dame est née ici. Un peu de grec, beaucoup d’anglais … Le temps s’est allégé, il ne pèse plus rien.  Aujourd’hui qu’il fait bon être à Amorgos!

Demain j’irai voir ce monastère, qui est sur toutes les cartes postales. Mais dès à présent un nom me viendra naturellement quand on me demandera comme souvent: “et vous, c’est laquelle votre île préférée? Je ne le dirai pas à tout le monde. Car le monde tue la vie.

Oui je suis tombé amoureux. Rentré au bateau, je me suis endormi sur la banquette du carré, saturé, épuisé de beauté. Cette île est une merveille.

 

AMORGOS- MINOA

Tous les montagnards le savent c’est fou ce que les pieds avancent vite! On regarde l’église d’en bas elle paraît bien haut dans le ciel; on pense à autre chose en marchant, on la retrouve loin en contre-bas … comment a-t-on pu se retrouver aussi haut aussi vite?

MINOA est juste au-dessus de Katapola, où se trouve PONYO. C’est une cité qui serait minoenne, datant d’environ -1000 à -300 ans avant notre ère. Quelques murs cyclopéens tournés vers la terre, peut-être pour ne pas être visibles du large, la statue du tiers inférieur d’un personnage dont on se demande d’où il vient et ce qu’il fait là, pas d’explications, le décor semble avoir été en partie reconstruit à une époque où il y avait le budget pour …  Le site est beau, un peu à l’abandon,  la vue dégagée, et je n’y ai vu personne pendant les deux heures  où j’y ai déambulé parmi les vieilles pierres!

   

     

La lumière est moyenne; encore une fois le smart-phone est pratique mais vite limité quand le contraste naturel manque … Heureusement que je ne compte pas dessus pour vendre des chaussettes ou des voyages en groupe!

                    

Retour au bateau! Mes soucis mécaniques paraissent résolus après la viste de Stamatis ce matin, La police me demande mon prochain port, la procédure … Qu’est-ce que j’en sais? Demain je louerai un véhicule  pour aller visiter le monastère d’Hozoviotissa, l’édifice  emblématique de l’île, et la route remarquable qui y conduit depuis Hora (on la devine en haut à droite sur la toute 1ère photo). Après? … Le vent d’ouest me pousse vers le Dodécanèse, on dirait …

Boudi ce curé me casse les oreilles!  je ne sais si le phénomène est circonstanciel, mais ça fait trois jours que la sono de l’église retransmet à 360° ses offices interminables à la façon des mosquées turques! une mode? une concurrence? Il semble que le monde de la foi ait aujourd’hui un  petit contentieux avec le silence. Certes les oiseaux chantent aussi ..

… mais c’est chacun son tour!

   

 

 

 

 

DIRECTION: AMORGOS !

Deux fois empêchés par les Dieux de nous rendre à Amorgos en fin de saison dernière, c’est devenu une destination prioritaire. Nous mouillerons dans le sud de RENEIA, où nous trouverons de l’eau dans le bas des collines et un mouillage sauvage dans une crique bleue charmante;

            (nids de pies grecques dans un mûrier)

car  DELOS, est fermée le dimanche de Pâques … et les abords sont bien gardés…

…puis nous irons à DONOUSSA pour couper l’étape en deux, vent idéal travers 12 knts, navigation heureuse  …

 

 

… et enfin nous partirons le matin suivant à 7 heures, prêts à rejoindre les amis suisses Chantal et Markus à Amorgos : bateau rangé, préparé pour un mouillage impeccable cul-à-quai avant midi; 3 heures de moteur, vent absent. Il ne peut rien nous arriver: le Perkins vient d’être révisé, on est au portant, je suis attendu …

Mais à mi-parcours environ le moteur s’emballe tout seul sans raison. Je réduis les gaz, 3 noeuds.. j’accélère à nouveau, pareil! J’ouvre le capot moteur intérieur, tripote le câble d’accélération, arrive à  gagner 1 noeud, mais comme je n’ai pas envie de faire attendre j’essaye de raccourcir le bout qui maintient la manette des gaz en position pour taquiner les 5 noeuds … Et là patatras! : le moteur s’emballe à fond, refuse de baisser en régime, et je suis obligé de le priver d’air au fitre à air en catastrophe pour l’arrêter, bouillant, alarme de température d’huile déclenchée. Merci au mécanicien de Mytilène qui m’avait montré le truc!

Coup de fil aux amis suisses pour les prévenir que je gonfle l’annexe  et la mets à l’eau avec son moteur pour pousser le bateau, quelques tâtonnements mais pas trop, et Ponyo file son noeud et demi, bientôt aidé par un peu de vent dans le génois. Nous ne sommes qu’à trois milles nautiques.

‘Unfortunatly’ les coast-gards signalent l’arrivée imminente d’un très grand ferry qui va ‘bloquer toute la baie’. Je dois être arrivé avant une demi-heure ou rester dehors dans une anse  assez loin au nord-ouest … mais où est donc cette p. d’anse?? .. ça y est je la vois! Il va falloir mouiller dans un endroit étroit et profond, sans pouvoir se reprendre, tandis qu’un vent de terre qui se lève m’oblige à être moitié dans l’annexe, moitié dans le cockpit du bateau, le pilote ne parvenant pas à conserver le cap.

 

Mais ça fonctionne. L’ancre descend dans 8 mètres et tient. Un quart d’heure après un bateau de pêche envoyé par les coast-guards est là pour me remorquer. Je demande le prix. 50 euros, ça va. Seul j’aurais attendu le lendemain après le départ du ferry pour ramener mon boat. Mais bon le vent peut changer, et le hors-board ne fait que 2,5 CV…

  (Nikitas, fils de Yannis; je lui ai demandé de sourire pour les jeunes filles de France!)

Une demi-heure après je suis à quai. La police est compréhensive mais depuis Tinos je me méfie. Ils ne me prennent pas mes papiers … pour la raison que “le mode de propulsion principal sur un voilier n’est pas le moteur mais la voile”… il faudra quand même qu’un mécanicien local certifie que l’avarie ‘is fixed’ (réparée).

Alors on fera du tourisme plus tard. Markus qui a été mécanicien penche pour un problème de contrainte dans le trajet du câble d’embrayage, ce qui expliquerait que le moteur s’emballe “à vide” sans être ralenti par l’hélice… à suivre! Demain c’est la St Georges, personne ne travaille.

Un charmant couple d’anglais rencontré à Donoussa m’informe qu’un mécanicien se trouve en ce moment à bord du voilier de leurs voisins; c’est bon, il viendra voir Ponyo demain, merci Sally! .. et quel beau bateau que leur Grand Soleil!

 

(toutes premières photos d’Amorgos sous un ciel assez sombre)

Je vais enfin pouvoir profiter des amis suisses, le temps file si vite, surtout pour les non-européens qui ont une durée de séjour limitée. Combien d’années pourrons-nous encore vivre  cette vie de liberté qui n’existe plus que là en Méditerranée; ports saturés de gens qui ne voyagent jamais, loueurs, ou marinas qui n’ont aucune scrupule  à facturer 200 euros par nuit ou plus à des yachts de 12 mètres: Italie, Croatie, Turquie, France, Espagne …  ne parlons pas de ce qui fâche.

De nos jours pour être heureux il faut être sourd, aveugle, et muet comme les trois petits singes de la sagesse!

Et ne pas trop avoir la bougeotte! La liberté de se déplacer est menacée depuis que le premier paysan a mis une clôture autour de sa pâture ou de son champ d’avoine. Les sédentaires en ont à présent après le nomades des mers.

RINEIA : UN CADEAU EN PASSANT

 

C’est un mouillage double qui ressemble à la ‘place to be’ de Kythnos. Une baie ouverte au sud, une au nord, séparées par une bande de sable. Le vent ayant viré au nord, on vise la baie ouverte au sud, je vois que vous suivez! Il y en a même une seconde au cas où.

Le cas où … se présente sous la forme d’un troupeau de catamarans de location!! .. alors nous entrons dans la troisième. Il y a une petite jetée, un tracteur, des gens.. Malgré sa petite taille il semble qu’elle soit habitée. Je demande en grec si je peux laisser l’annexe, puis où je peux aller promener. ‘Où tu veux! Il y a des routes!’ ‘d’où tu viens?’ ‘de France’ ‘tu es tout seul dans ton bateau?’ .. ça semble lui en boucher un coin, il est plus paysan que marin, j’ai aperçu des brebis en venant.

Et me voila parti. Il me suit avec le tracteur et me fait signe d’approcher: ‘tu es vraiment venu seul? .. tout seul?’ ..  il parle avec sa fille et un autre monsieur, ça fait débat. Puis on se salue et on reprend nos routes. Le soir doré tombe sur le paysage. J’arrive à faire durer le soleil en escaladant la colline. La vue est splendide. D’où je suis j’entends encore la musique qui vient du plus gros catamaran d’à côté. Il a sorti un jet-ski de sa soute tout à l’heure et m’a fait un bonjour de la main. “Est-ce que ce monde est sérieux?”

D’en haut on voit Mykonos en face, Délos à droite… la lumière est très belle, le paysage aussi, on se croirait en Irlande.

La beauté s’apprend. La laideur aussi d’ailleurs. Mais on n’apprend pas la laideur dans un paysage pareil. Je pense à toutes ces scènes où Monsieur Miyazaki interrompt le cours de son récit pour suivre et nous donner à voir insectes, poissons, le vent dans un arbre ou un champ de céréale. Cette île, … c’est du Miyazaki.

   

MYKONOS

  

MYKONOS…  c’est une fille belle,  intelligente,  charmeuse et qui sait compter..(évidemment que ça existe!). En ce mois d’avril  s’y promener est un vrai bonheur; quoique je la soupçonne de savoir s’en tirer avec grâce même en fin de saison quand  le millième lourdaud lui répète qu’elle a de beaux yeux.

Certes on n’est pas tout seul, mais franchement pour un week-end de Pâques je m’attendais à pire,  même au niveau des ferries ça reste raisonnable, et il n’y a pour le moment qu’un seul clapier flottant garé à l’écart du vieux-port, et très peu de voiliers stationnés en face de la “Petite Venise” où les gens paressent au soleil, comme tout étonnés de se retrouver là.

   

 

Le village et le port sont infiniment photogéniques, ce que mon smart-phone s’obstine à ignorer. Plus grave, à traîner le nez en l’air j’en oublie les cartes postales que je m’étais promis d’envoyer à mes frères, c’était la motivation secrète de cette escale!

Mais je ne reste pas. Je voulais allez à Délos, c’est encore raté: le site ferme le dimanche de Pâques.

Alors pourquoi pas RINEIA, juste à côté, très découpée avec nombre de criques. Un mouillage tranquille à l’écart  de la route  m’irait  bien pour la nuit. Il va falloir faire vite il est déjà 4 heures, et le vent est faiblard.

SYROS … OU ERMOUPOLI?

  

J’aime bien ces photos: la SYROS d’en bas vue d’en haut, la SYROS d’en haut vue d’en bas, … et ça grimpe!

L’île s’appelle SYROS (je vous épargne les jeux de mots faciles), mais on ne retient que sa capitale, Ermoupoli. C’est une ville qui fait penser à Palerme, pour son côté splendide et surané. Mais en plus riche. Ile située au milieu des Cyclades dont elle reste la capitale. Ville industrieuse, grouillante d’activité, ports, chantiers navals, boutiques de la rue de Chios, cafés.. . Riche, elle l’a été à l’époque des bateaux propulsés au charbon. Un déclin relatif par la suite. Elle paraît plus grande que ses 20 ou 25000 habitants.

               

La ville s’étage très en hauteur. Les rues montent tout droit, en escaliers pavés de marbre. Plus haut les carreaux deviennent de l’opus, les contre-marches sont de moindre facture, mais les gens vivent à pieds à toutes les altitudes. Je me demande comment font les vieux, les malades. Sûrement la famille, l’entraide, un service social efficace… je n’en sais rien. Il y a tant à voir. Beaucoup plus que dans une Chora (vieux village) des Sporades où tout semble un peu en représentation. Ici une place avec des orangers; une maison prête à s’effondrer, deux autres en chantier. Les boutiques sont en bas….

       

Petit regret de ne pas avoir visité l’autre point haut de la ville, Ano Syros, catholique … mais je dois rendre la voiture, louée à Finikas sur la côte sud-ouest, de l’autre côté de l’île. Et puis il faut bien en  garder un peu pour ma prochaine vie!

 

KYTHNOS – LOUTRA

       (‘Zeu’ place to be!..)

Nous quittons la baie d’Apokrisi pour nous rendre de l’autre côté le l’île, à Loutra, avec sans doute un ou deux mouillages entre temps; pas pressé de retrouver un port, aussi charmant soit-il, avec ses horaires, ses formalités, sa promiscuité…

La photo ci-dessus doit être plus belle sur internet, prise depuis un drône j’imagine. Je suis donc has been. Il y a cette photogénique bande de sable entre deux anses… mais j’ai dû passer devant plusieurs voiliers pour la prendre. Les gens vont là où il faut aller. Même si je me contente de passer., c’est quand même un bel endroit.

Le vent est presque nul. La crique où nous échouons de l’autre côté (Est) de l’île est toute petite; il y a de la place pour un voilier, guère plus, des maisons de vacances. On entend des enfants jouer dans l’une d’elles. Une plage; En avril c’est un petit paradis.

 

La ville de Loutra est un peu loin à pied mais la promenade en vaut la peine ainsi que l’arrivée d’en haut sur le port.

Des kilomètres de ces murs de pierre incroyables, des fleurs, des bergeries ou plutôt des abris  pour les chèvres, des enclos … Je me demande si cet héritage de centaines d’années de travaux collectifs ou familiaux intéresse beaucoup la

jeunesse locale, smart-phones et trottinettes électriques…

Les murs sont rarement écroulés comme chez nous. Difficile de savoir s’ils appartiennent au passé ou au présent ..

         

LOUTRA :.

L’arrivée sur Loutra est gracieuse, comme le laissait supposer la balade d’hier vers Kythnos-le village.

    

Mais surtout le lieu est connu pour ses eaux thermales (loutra), en bord de plage, où je rencontre un couple d’australiens francophones amoureux de la Grèce, qui ont une maison à Poros et un bateau à moteur au quai du port. C’est un endroit assez cher, bondé en été. Des espagnols me disaient qu’on leur avait demandé 40 euros hier pour la nuit et qu’ils n’avaient pas voulu payer cette somme, importante pour la Grèce… ‘ bon alors ce sera 10 euros’ … Essayez donc d’argumenter en Catalogne!

          (les eaux thermales sur la plage… juste divin!…)