GYALI ET NISYROS, LE VOLCAN

– GYALI :

Sans mon overdose de bateaux de pirates, de ‘people’, d’équipages bruyants équipés en série de la même boîte à rire, je ne me serais pas arrêté à GYALI, qui n’est en fait qu’une grosse carrière à ciel ouvert. Un voiler se trouve déjà à l’endroit que j’aurais choisi, sous le rocher dit “du géant qui fait ses besoins”.. hum; il faudra que je reprenne une photo de près à l’occasion, il est très réaliste.  L’endroit n’est pas si laid. La vue est même plutôt belle, ouverte, le bruit des engins de chantier s’arrête à 19h.

La houle est certes probable. Mais pour l’instant quelle paix!

Elle arrive le soir, peu agréable. Le lendemain matin j’enfile ‘shorty’, masque et tuba, et me baigne une heure dans une eau claire à 21 degrés. Petites raies et gros poissons-perroquet brun-roux. A un endroit des chapelets de bulles de gaz montent du fond en s’élargissant vers la surface. Le voilier voisin parti, je me rapproche de la côte où la houle résiduelle de sud ne semble pas moindre, malgré un vent franchement nord-ouest: mystères de l’orographie sous-marine…

     (Gyali depuis Nisyros)

– NISYROS :     (l’île du volcan)

La même famille s’occupe du port de PALOI (Pali), de la location de deux ou quatre roues, des sanitaires, et la mamie, d’un des restaurants du port: Stavros, Nikki, 4 enfants dont Petros, un garçon d’une douzaine d’années qui ‘assure’, tout en anglais,  quand papa et maman ne sont pas au bureau. On est le 5 juin le port est déjà plein d’une trentaine de bateaux.

Bien sûr je leur loue un scooter et c’est parti pour le tour de l’île! laquelle n’est pas qu’un volcan; elle est aussi verte, boisée de chênes, et surtout très belle.

   

(vers Emporios, un sauna permanent quasi naturel à 50 degrés en bordure de route)

– LE VOLCAN :

 

 

On y descend par une route qui va du végétal au minéral, avec, surprise,  un élevage de vaches qui suggère l’existence d’eau quelque part pour les abreuver. L’entrée est payante, 5 euros. En fait on est encore en périphérie de la dépression principale, qu’on n’aperçoit pas encore. La buvette est pleine sous un bouquet d’eucalyptus. Deux ou trois bus attendent. C’est curieux: contrairement à Delphes, à Sounion, au Parthénon, on n’éprouve aucun besoin d’avoir “le volcan pour soi tout seul”. Ce qui sera pourtant  le cas…

En attendant  des fourmis humaines arpentent le cratère du géant. Beaucoup mal préparées à l’effort physique par leur âge ou leur poids vivent la remontée en plein soleil comme une épreuve physique. Les selfies permettent de souffler un peu.

 

A la fin il ne reste plus personne. On profite de paysages qu’on observe rarement

.

(Ils sont partis. 10 minutes plus tôt j’ai eu du mal à trouver une table à la buvette)

 

Le.volcan est un petit jeune de 150 000 ans, pour ses plus vieilles roches, à 15 000 pour les plus récentes.

Les tours-operators existent depuis 100 à 200 ans. Les individus ‘connectés’  depuis à peine un demi-siècle…

Les volcans font du bien. La fragilité relative de la mer inquiète… celle des glaciers… Les volcans nous remettent à notre place d’humains éphémères et prétentieux.

Héphaïstos n’est pas le dieu le mieux doté, il boîte, sa femme, sublime, le trompe. Mais c’est un dieu, sans l’ombre d’un doute. Une seule fumerole…  une seule secousse, et l’on ne verra plus un bus! … Pour votre sécurité!

LA “DAME DE KALYMNOS”

 

Avant de quitter Kalymnos, je fais un détour par le musée: “deux semaines que tu es là et tu n’es pas allé la voir!?”.

        

Même si elle n’a rien de l’Aphrodite de Cnide, cette robuste matrone force le respect par sa présence et le détail de ses drapés. Quelques autres pièces comme le dauphin en bronze, 2500 ans avant l’invention des filets dérivants, ces bijoux, ces coupes en verre qui font penser à Murano en Italie, ou cette scène, peu commune ‘avant JC,’ d’une mère qui allaite son enfant en famille … valent la peine d’être d’être vus.

‘TO MONOPATI’ – 2 : UNE STAR …

   

La pluie a cessé. Chaussures, sac à dos, portable et on y va.. moitié pour reprendre le chemin où je l’ai laissé avant-hier, moitié pour échapper aux équipages des 2 énormes catamarans qui ont remplacé les 2 énormes ‘Dufour’ d’hier (apparemment on est dans une période germanique), Bref six jeunes un peu gras qui s’emmerdent à bord, à qui il ne vient pas l’idée d’aller à terre, et dont le ton grimpe comme bière au soleil.

Très vite il n’y a plus que le plaisir de marcher.  Chaque pas vers le haut allège; tout ce qui pèse reste en bas; .

On ne s’emmène pas soi-même, il faut se perdre pour découvrir.

    

Le chemin rejoint bien la vallée d’à “côté”, avec un col flanqué de petits sommets voisins que je gravis pour trouver de vieilles ruines, cabanes de guet plutôt que cabanes de bergers… quoique: les bergers aussi aimaient contempler la mer!

    

(photo de gauche: là c’est à droite  qu’il faut aller / au centre: poteaux électriques / à droite: le col vu de loin. Mais la mise en page est aléatoire, selon l’appareil)

Aujourd’hui j’ai de la chance: en traquant un bruit d’élytres que je ne parviens pas à situer je retrouve (et photographie)  la gracieuse libellule (ou le papillon) que j’avais perdue lors de ma dernière descente. Je n’en ai jamais vu avant. Sur le net on parle d’ascapapillule (ce nom est une blague!) ou plus sérieusement de némoptère!

   

(vous la voyez photo-1?: ha ha! normal elle n’y est pas! /  et sur la 2?… là elle y est… /  … sur la 3, admirez le camouflage)

   

(légère, aérienne, élégante sur la 4 … /  … et même végétarienne sur la 5! … une STAR!  )