ALEXANDROUPOLIS AVEC LE FERRY-BOAT

Allons Voir,  par Feu Chatterton

Quoi que les gens d’ici pensent
S’il n’est pas partout la même heure
Il y a peut-être une chance
Que l’herbe soit plus verte ailleurs
Souvent tu attends la nuit
Quand plus rien ne fait mal
Et tu rêves que tu t’enfuis
À la nage, par le canal
Tu rêves d’un grand pays
D’une vie qui enivre
Comme celle que tu lis
Dans les pages des livres
Il est temps de vivre
Allons voir
Ce que la vie nous réserve
Ce que la vie nous réserve
N’ayons peur de rien
Tu meurs d’envie d’aller voir
Par toi-même, faire tes preuves
Et si c’était la mer à boire
Eh bien, que la mer t’abreuve
Le ciel sera toujours bas
À ceux qui vivent sans courage
Tu ne les écoutes pas
Quand ils disent “ce n’est pas de ton âge”
Et tu vas vers ce pays
Vers cette vie qui enivre
Comme celle que tu lis
Dans les pages des livres
Il est temps de vivre
Allons voir
Ce que la vie nous réserve
Prends-moi la main

Je m’embête un peu à Kamariotissa. Simple… authentique… rustique… certes. Mais comme disent les sites de rencontres : “à un moment il faut quand même qu’il se passe un peu quelque chose!”. Samothrace n’est pas une île dont on fait le tour en une journée de location de scooter.

Je prends un ouzo dans un café avec écran géant qui passe en boucle une video tournée dans l’île: les cascades, la montagne, les bergers qui arrivent en barques à moteur avec leur longues perches à crosses pour saisir les chèvres par le cou, aidés par des chiens rabatteurs,  au pied marin autant que terrien… Ici il faut choisir de rester une bonne semaine, et de marcher. On serait fin septembre je ferais ça.

Aujourd’hui j’ai prévu d’aller à Alexandroupolis, sur le continent. Juste pour envoyer une carte postale à une amie qui y est presque née… C’est pile d’où vient le vent, et le port ne fait pas envie. Alors je décide de prendre le ferry le mardi à 7h. Deux heures pour aller. Retour 15h. Deux heures pour revenir…

  

Une ville avec de grandes allées aérées et lumineuses où l’on trouve de tout, même des cartes postales, espèce en voie de disparition. Musée historique, musée Thrace… Alexandroupolis ne me laissera en souvenir qu’un phare, bâti en centre ville… et des regards de gens morts depuis des années, au temps du chemin de fer. Car avant la gare, le milieu du XIX ème siècle, il n’y avait rien.

    

(Alexandroupolis au temps du far-west)

Pour l’instant le charme du nord de la mer Egée échappe un peu à ma compréhension. Tourisme tchèque, bulgare, turc… Tous ces gens me paraissent bien froids. Nancy, la coiffeuse à qui je confie mon avenir capillaire, opine largement du chef. Le voyage est un échange. Prendre suppose qu’on donne en retour.

Payer et vérifier qu’on en a eu pour son argent… c’est quelque chose dans l’air du temps qui me défrise.

 

 

 

 

SAMOTHRACE

 

 

(pêche..)

– Arrivée sur Samothrace :

On “n’arrive” pas à Samothrace. On suit ceux.celles qui nous ont précédés. On a lu ce qu’ils ont écrit. On est sous influence.

La première impression est davantage celle d’une montagne que d’une île. Une montagne où l’on peine à distinguer des voies d’accès; un piémont un peu plus large au nord-ouest; une grande digue avec un port au long quai brut, largement  occupé par les pêcheurs; quelques places libres…

Le temps est calme, mais je ‘bricole’ un peu à l’accostage car les bollards  sont très espacés ou absents (bollards: sortes de grosses bites d’amarrage dissymétriques plutôt destinées aux bateaux lourds, de pêche ou de transport).

Il n’y a qu’un voilier à quai, un bateau tchèque dont l’équipage assis dans le cockpit ne se précipite pas pour venir m’enlever les amarres des mains. Les traditions se perdent. Un peu plus tard je prête la main à un voilier de location avec pas mal de monde à bord: la fille à l’avant tient une défense et une aussière que je lui prends pour la tourner au bollard et la lui repasser en double; elle me remercie du bout des lèvres, tandis que le skipper me semble vaguement agacé. ? .

Ces nouveaux plaisanciers d’Europe de l’Est seraient-ils moins latins que nos voisins d’outre-manche?

– la Chora :

Allez, louons un scooter et roulons un peu. Le tarif est le double de celui de la plupart des îles. Le scoot a quelques heures de vol. Je tombe en panne de batterie en voulant quitter la Chora. Celle-ci est très belle. Il y a beaucoup de monde. Le ‘kastro’ est assez dégradé, le point de vue plaisant.

    

(sous la grille à droite une grande citerne de 3 mètres et demi de hauteur)

Le loueur arrive avec son mécanicien sur un Piaggio qu’il me laisse (Piaggio qui semble être l’ancêtre du précédent), et je pars faire le côté nord. Plages de galets interminables, eaux peu profondes, mer étale… jusqu’à un paysage peu courant de platanes qui de loin ressemblent à nos chênes, et qui descendent presque jusqu’à la mer. C’est magnifique.

Plus loin, Therma, petit port tranquille sans doute hors saison; en été le village est envahi des mêmes ‘babos’ que chez moi dans l’Aude, dread-locks, tatoos piercing et bijoux moches: créatures de l’été attirés par les sources, les arbres et les cascades, certains par les chemins de randonnée; plutôt grecs, plutôt jeunes..  Tout le long de la côte une quantité de tentes-clic-clac sous les arbres, campings plus ou moins gérés où je ne laisserais pas mes gosses sans frémir…

(Là, ça a brûlé jusqu’à la mer)

Quant aux cascades et autres gorges de Fotia au milieu de toute cette turista, non merci … Je fais demi-tour pour aller visiter le sanctuaire des Grands Dieux, mais ça ferme à 15h30, et le scooter s’asphyxie, on verra ça demain.

– les Grands  Dieux :

‘Est-ce que tu as aimé Samothrace?’… Samothrace est une île qui ne se livre pas. Les habitants sans être hostiles sont austères. Cette terre fut une terre de mystères, de rites initiatiques, comme Eleusis. La jeune gardienne du site archéologique (je commence par le site pour être tranquille, j’irai au musée après), s’appelle Despoina (Déspina). Despoina était fille de Déméter et de Poséidon (et soeur de Perséphone engendrée par Zeus). Déesse de l’hiver, du gel, et des cultes arcadiens … L’identité de ces Grands Dieux est contreversée: Cabires pour les uns, Dioscures pour d’autres… la chose est incertaine.

Le site est vaste et beau. Les pierres au sol sont innombrables. Quelques colonnes de marbre blanc aident un peu l’imagination du visiteur. Une copie de la Victoire de Samothrace découverte sur le site par Champoiseau également.

  

   

– le musée :

Admirable; comme tous les musées grecs. On pourrait y passer des heures. L’original de la Victoire, NIKE (Nikè, et non pas Naïke.. ) est bien sûr au Louvre.

La copie est moyenne. Vous allez dire que je pinaille, mais outre que le ventre de celle du Louvre est beaucoup plus joli, l’original vieux de 2500 ans n’a PAS besoin de deux étais entre les ailes pour les soutenir, seul petit bémol, avec le fait qu’on a du mal à la prendre en photo sans avoir les voitures en-dessous sur le cliché.

 

 

 

        

– retour au port :

Pourquoi on aime les statues, la couleur de la paille, les vastes étendues, la mer dans tous ses états? Pourquoi on préfère le whisky au gin, les blondes aux brunes, les araignées aux mouches? La sagesse nous viendrait avec l’âge? … allons! Nous avons moins de force, c’est tout! La folie est dans la sagesse, mais l’inverse est aussi vrai …

  

Ce soir le port est plein, je ne cherche plus à comprendre; ça souffle un peu du sud. Trois bateaux arrivent, deux voiliers anglais et un couple de canadiens. Je vois les anglais hésiter puis partir. Robert m’aperçoit et demande s’il peut venir à couple. C’est naturel pour eux c’est naturel pour moi. Le temps de jongler avec les lignes et les défenses, et nous sommes voisins. Puis arrive un skipper turc avec un joli voilier en bois en panne moteur que nous casons en bout de quai.

 

(Northern Star, à Robert et Debbie , à couple avec Ponyo)

Le lendemain matin une place se libère à côté. Plus pratique pour eux de circuler sans souci de déranger. Et fin provisoire de blog! Je vais enfin pouvoir mettre le nez dehors!

A la taverna je demande à la serveuse: “quelle est cette chanson qui passe, qu’on entend partout?” :

"το γλέντι" (la fête)
me répond-t-elle. Je vous mets le lien Youtube plus bas; (*)
la chanson n'est pas de Ioulia Karapatàki mais de Nikos Ikonomides et Kiriaki Spanou; 
elle a été reprise par quantité d'artistes; j'ai un faible pour cette version-ci:
https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=3e-3ibIUB6E

Pour en savoir plus sur Ioulia qui chante d'autres belles chansons: 
https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=te4zzdenpAY

Et puis tant que j'y suis, voici la 'madeleine de Proust' de Jacques Lacarrière: 
'Ase me Ase'... j'adore!
https://www.youtube.com/watch?v=td1pzXE21y0
 (*) à copier-coller dans la barre de votre navigateur

 

LA REMONTEE VERS SAMOTHRACE

– Rencontre :

Port de Kardamila. Jolie rencontre que celle d’Erik et Catherine sur FREYA, battant pavillon suédois. J’ai la surprise d’être interpelé par Eric dans un français parfait: lui est suédois, sa femme est bretonne, ils vivent en Espagne depuis trente ans et ils sont ouverts aux rencontres. Plutôt l’exception que la règle..

C’est l’occasion de deux très bonnes soirées, l’une au vieux village d’en haut, à 3 km, où nous nous rendons à pieds, mangeons sous les platanes avec les locaux, et d’où nous reviendrons de nuit ..

      

(on devine à l’arrière-plan le groupe des trois musiciens)

.. et une deuxième en écoutant un trio de musiciens grecs: guitare, bouzouki, et une excellente chanteuse au répertoire de chansons populaires grecques connues, parfois reprises (et dansées) par une partie de l’assistance.

(Je me retiens de brandir mon portable comme un indélicat pour les ‘vidéaliser’. L’éternel dilemne entre la vie et la ‘conserve’…)

– Incendie :

Bruit d’avions; deux points dans le ciel; un vent qui souffle sur les braises… Une pensée pour l’Aude et pour Saint Laurent de la Cabrerisse; pour le Portugal, l’Espagne.. Partout ça flambe! C’est terrible!

 

Lorsqu’on s’éloigne vers  Lesbos un nuage bistre plane au-dessus de l’île de Chios.

 

– Lesbos :

La météo a dit vrai : le vent nous porte pendant trois heures vers Sigri, le village de la forêt pétrifiée ( * ) …. puis nous condamne au bruit du moteur.

 

{ * Remarque: pour retrouver un lieu dans le blog il suffit de cliquer sur le petit carré aux trois bandes horizontales blanches et vertes de la page d’accueil, puis la loupe, de taper le nom du lieu, et de lancer la recherche … les pages contenant le nom s’affichent ] 

 

– Efstratios :

Paradoxe: pour traverser la “mer orange  sur la carte de l’application météo  Windy ” il faut attendre qu’elle soit moins large donc que le vent ait faibli. Mais pour avancer il nous faut du vent. Or celui-ci a tendance à passer de tout à rien après chaque épisode de Nord.

D’après la météo c’est demain qu’il faut partir. Après ça forcit.

Pourquoi je stresse alors? Parce que la météo peut se tromper, quoiqu’elle soit globalement fiable, et que la nappe de 30 noeuds prévue demain peut rentrer en soirée plus tôt que prévu.

Evstrathios est loin. J’atermoie;  je prépare le bateau au temps qu’on va rencontrer, trinquette et 1 ris .. ce n’est pas celui du moment… On part un peu tard, un peu sous-toilés, sans trop de marge. Il est certes toujours possible de revenir à Kardamila pour y attendre une autre fenêtre … Mais  Evstrathios est toujours un “pari”: il n’y a que 3-4 places dans le port, et un seul mouillage digne de ce nom au sud, à l’opposé, pour 1 ou 2 bateaux pas plus … Quant à mouiller à côté du port avec la houle prévue, on ne le fait que par nécessité  ou masochisme… Alors? …

 

Alors on y va. Si j’avais la responsabilité d’un équipier je rentrerais. C’est dans ces moments-là  que les moins compétents ramènent leur science, aiguillonnés par les hésitations du capitaine aux prises avec des impératifs probabilistes et contradictoires. On raisonne, on raisonne… et c’est l’intuition qui décide…

… en silence.

  

Le vent est au rendez-vous, maintenant PONYO semble voler sur l’eau: 7 noeuds, 7-1/2, 8 noeuds, 8-1/2… on dirait qu’il le sent. La mer reste très manoeuvrable. Le dernier quart du parcours est un peu tendu. 23 noeuds, j’hésite à réduire, on a encore besoin d’avancer. 24, 25, mais davantage en ressenti…

Irrationnel, peut-être… ? Je n’en sais rien. L’anémomètre reste stable. Mais je prends un deuxième ris. Il est 17h30. Le renforcement est prévu à 20h… Quelque chose me dit qu’on n’en est pas loin. A 19h c’est du 30 qu’on a, au sud-est d’Evstrathios. Pas question de remonter au moteur face à la mer. Pourvu qu’il y ait de la place dans l’anse… Jumelles…

Elle est vide!  Quel bonheur! On ne peut comparer cette joie  qu’à celle qu’on éprouve quand un ami vous tend la main, qu’un amour vous ouvre les bras… Cette toute petite baie vaut son pesant de statues grecques! Je m’arrange pour laisser une place disponible, sait-on jamais…

L’ancre et le soleil plongent dans la mer. Et la faim me tombe dessus.

 

– Efstratios :

Ce mouillage est parfait. Bonne protection du vent qui souffle fort maintenant. Pas de houle; pas de réseau non plus; ni météo. L’idéal aurait été de réaliser quelques captures d’écran avant d’ancrer. Je dois me fier à mes souvenirs. Au matin nous remontons vers le port en longeant la côte ouest. Une atmosphère trop  connue nous y a précédés. L’air est sepia sans Photoshop.

(voyage en Terre du Milieu … la porte du Mordor…)

Tout est calme et désert à Efstratios-port: je m’attache par erreur au quai des ferries, mais je ne reste que le temps de manger à la taverna. de Maria, qui n’est pas là.  Il y a bien eu un feu la veille.  La ‘ville’ n’a pas changé mais il y a davantage de tavernes ouvertes,; des parasols sur une plage dont je ne me souviens plus; des touristes, grecs pour l’essentiel. Et nous repartons pour Lemnos pour gagner vers le nord tant que le vent est faible. Moteur…

 

– Lemnos :

Je visais Moudros, Mais il est tard quand nous arrivons à Parthenomitos à l’entrée du grand golfe. Le coucher de soleil y est grandiose.

   

Sur les photos il manque les chants des oiseaux, la douceur de l’air, quelques cris d’enfants, et cette impression intraduisible que l’air s’élève, s’élargit, et que tout est soudain parfait, des premières étoiles aux feux de mouillage qui s’invitent chez elles.

– Moudros :

Un port languissant dans un paysage horizontal, où le temps s’arrête mais assez peu les voiliers, un couple de pêcheurs venu installer deux sièges devant le soleil couchant à 6 mètres du cockpit… mais ils ne bavardent pas, et j’ai eu ma foi mon comptant de couchers de soleil cette dernière semaine!

 

 

 

 

 

 

DEUXIEME SEJOUR A CHIOS

La remontée vers Kardamila, au nord de CHIOS, n’est pas aussi plaisante que la traversée depuis Icaria: vent faible, vent contraire, moteur…  Ali doit quitter Lesbos le 10 ou le onze pour le sud de la Turquie. Mais il a beau ne pas être si loin, la perspective après avoir traversé de rester bloqué pendant une semaine à Scala-Loutron (sans peut-être pouvoir ni débarquer, ni rejoindre Mytilène), ne m’enthousiasme guère. Qui plus est on est en août et le quai est plein.

Plus de dix jours à Xirocampos,  six à Fournoi… le régime des vents reste résolument nord.  Force 7 localement 8: nous ne sommes pas près de quitter Kardamila.

    

(au centre ‘Spartoventi’, le bateau de Bruno, un copain retrouvé ici; à droite mini-camion-citerne typique des îles)

Légère accalmie le dimanche; je me prépare à partir… mais on m’en dissuade fortement: les ferries sont arrêtés à cause du vent, le monsieur du bateau à moteur voisin parle de vagues de 3 mètres… je renonce. Le problème c’est que si l’on écoute tout le monde et qu’on consulte Windy en mode ‘rafales’ on ne part jamais! Enfin, là, il faut peut-être écouter (la suite me prouvera que non). C’est Ali qui viendra me rejoindre ici au portant.

En attendant je loue un scooter à la capitale, tarif réduit pour cinq jours… Nous revoici sur les routes de Chios…  Toujours aussi belle dans sa lumière dorée. Contrairement aux îles plus petites, impossible de s’en lasser.

(Au-dessus de  Kato-Kardamila -d’en bas- il y a Ano-Kardamila -d’en haut- adossé à cette belle montagne)

 

 

Je repasse par le pittoresque village de PITYOS, mais cette fois ma guide Elephteria si  charmante n’est pas dans sa tour, fermée à la visite pour cause d’alerte météo. C’est vraiment un village perdu. Mais habité et très dynamique: jolies fresques dispersées dans le village, ‘points QR-code’ avec des liens renvoyant vers des informations historiques, des vidéos, des chants traditionnels … places ombragées…

   

 

L’an dernier j’avais sillonné l’île en tous sens. Cette année je m’attarde, découvre de nouveau lieux, comme ce monastère en ruine dont j’ai oublié le nom; ou cette belle plage totalement déserte de Kampi; ou encore la route ravissante qui rejoint les deux boucles routières du nord (décrites dans l’article “la belle Chios”).

– Le petit monastère sans nom :

Seule l’église est restaurée. les murs proches sécurisés par des étais. En arrivant là on se croirait dans un western tourné au mexique, avec le campezino en poncho, le ‘padre’ sur le perron de l’église et le buisson chassé par le vent…

     

– La baie déserte de Kampi :

On quitte la route principale par une petite route qui figure sur la “carte” du loueur mais qui se manque facilement, et on plonge vers la mer tout en bas, en espérant qu’elle mène quelque part. Vu la fréquentation on espère aussi ne pas crever là…

 

(Ah que c’est beau la mer ..)

  

– Courtes retrouvailles avec Ali :

(où l’on comprend que le temps ne fait rien à l’affaire)

Le petit catamaran  d’Ali arrive lundi. Il a rencontré des vents de sud et une houle d’ouest! La météo s’est plantée en beauté. Nous sommes ravis de nous revoir. Ais-je dit qu’il l’avait construit lui-même sur plans?

TAKA ne mesure que 8,90m mais il y a bien plus de place pour circuler ou se poser que sur PONYO, Sans lest il est aussi deux fois moins lourd. Seule la remontée au vent n’est pas très bonne … mais au port c’est l’idéal. Et la soirée est simple et bonne.

(Promis! la prochaine fois on s’applique pour les photos!)

 

 

 

Hélas…

Impossible de ne pas y penser sur mon petit scooter en voyant tout ce vert, de Kampi à Fita, Kipouries, Sidirountas, Afrodisia, Keramos… Tant de vert dans ce vent chaud… Tout a brûlé le long de cette si belle route, comme dans les Corbières, comme au Portugal! Des paysages photographiés dans cet article il ne reste peut-être rien.

 

 

 

CAP SUR CHIOS

(le gréement ‘Gillette’ à trois lames: grand-voile, génois ET trinquette!)

Obéissant à la météo le vent a suffisamment faibli pour partir. Il pourrait même en manquer pour arriver jusqu’à CHIOS demain. Alors on va s’avancer un peu jusqu’à ICARIA qui n’est pas loin. On part avec ris et trinquette pour Kyrikos, où il semble rester quelques places à quai mais je voudrais être libre de mes mouvements. Je mouille juste en dehors, saute dans l’annexe, et vais manger en ville non sans avoir salué Vangelis au port, toujours aussi chaleureux et serviable.

Puis on repart pour les plages sous le vent d’Icaria au nord-est, vent dans le nez et soir qui tombe. L’ancre fait un bruit bizarre en crochant à EXO PHAROS, un bruit que je reconnais: on est mouillé dans des rochers! Non loin de quelques autres bateaux qui ne sont pas sur ancre … mais sur bouée! Bon, il y a pas mal de vent, je ne mets pas trop de chaîne pour ne pas qu’elle se coince, comptant sur l’élasticité du bout de la main de fer.

Je stresse une nuit pour rien, le lendemain le mouillage remonte tout seul.

Long bord jusqu’à CHIOS, et régal à la voile. Je lâche les ris l’un après l’autre en gardant la trinquette qui aide Ponyo à garder son près. L’anémomètre m’indique  un angle au vent de 35°; je n’en crois pas mes yeux!

Puis arrivée à la plage de Komi. Plus loin les abris sont rares, surtout depuis que la petite marina semi-abandonnée au nord de Chios a été rachetée par un investisseur. Quant au port de Chios, il est toujours grand, houleux et désagréable…

Sur la plage de Komi les familles se baignent, réservent au restaurant des tablées de dix ou douze; certains sont français, les gens sont patients, les serveurs un peu débordés restent zen: “Papa je peux manger un morceau de pain en attendant?” . On se sent quand même un peu… ‘différent.  Allons … ne suis-je pas en vacances longue durée 🙂

 

Le lendemain le vent est faible, changeant, globalement contraire… Pain noir (mavro) après pain blanc (aspro). La vie, quoi…