LE GEANT QUI FAIT SES BESOINS

En quittant RHODES on se sent un peu creux. On est descendu jusque là, et puis après?.. Une fois qu’on a tiré un trait sur la Crète, trop de distance, trop peu d’endroits où laisser le bateau, vents trop forts,  témoignages qui n’en font pas vraiment un paradis du “sailing”… (le palais de Cnossos?… autant s’y rendre avec Air France)…

… il reste à choisir entre le  Péloponèse et la mer (Egée) du nord. Dans les deux cas et selon le vent il faudra remonter, sur Symi, Tilos Nisyros, ou Kos … Le vent (beaucoup le moteur) nous pousse vers Symi;  je fais un arrêt à la boulangerie du monastère de Panormitis. Leurs biscuits beurre-amande sont une rareté! “Mettez-m’en deux kilos ‘peripou’, à peu près” .. La boulangère est perplexe. Mais ..  on ne s’embarque pas sans biscuits; alors autant qu’ils soients bons!

Je n’ai pas envie de passer la nuit là. J’essaierais bien la baie au-dessus. Les profondeurs sont dissuasives,

à part à un endroit qui s’avère magnifique, sauvage .. et houleux.

    

Nuit à oublier très vite. Puis cap au nord-ouest et l’ancre descend à Gyali, où je laisse l’annexe sur la plage pour aller photographier le Géant … Ah oui ! … :  impressionnant!

   

On capte très mal internet, suffisamment cependant pour prendre connaissance de la météo qui prévoit 40 noeuds en rafales ce week-end. Je pourrais rester sur Gyali, abrité au pied de la carrière, ou aller mouiller à Kardamena, au sud de KOS, (au port il n’y a jamais de place!).

Mais la perspective d’attendre 4 ou 5 jours sans réseau (pas de météo, pas de radio, aucun moyen de planifier un itinéraire, de comparer les ports, les mouillages …) Comment faisait-on  avant? Eh bien on  subissait ses 40 noeuds, en s’abritant et en dormant comme on le pouvait, en priant Saint Nicolas pour que l’ancre tienne, et la Vierge Marie pour que ça ne dure pas plus que la provision de biscuits.

Alors ce sera Nisyros. C’est près, Stavros est sympa, A 13h il y a de la place. A 15 c’est plein! Tout le monde a lu le même forecast! En Méditerranée les signes avant-coureurs de mauvais temps sont discrets. Ce soir le crépuscule orange est de toute beauté. Le baro est entre 1007 et 1008  sur les 12  dernières heures. Et pourtant on sait que ça va se gâter. Ami de l’eau salée et de la plaisance qui dure,  quand tout a l’air tranquille, surveille ta ‘météo-à-trois-jours’…  tous les jours, et jette un oeil au mode “rafales”!

Car la mer est la grande voleuse. Elle t’endort. Elle t’enfume. Et toi tu te retrouves à nager en pyjama en te traitant d’andouille.