La poésie est importante. Les poètes non. Non et oui… “Frères humains qui après nous vivez…” ce n’est pas Villon, l’essentiel. Mais sans Villon…
Combien de prisonniers russes, espagnols, iraniens… ont tenu le coup en se récitant ou en partageant les poèmes qu’ils connaissaient par coeur. Ainsi devrions-nous pouvoir nous en remémorer quelques uns. Les apprendre dans les périodes de calme pour les retrouver plus tard quand la lumière reprend souffle derrière les nuages.
Ceci est un blog de voyage. Ce n’est pas le lieu. Mais la poésie s’en fiche. La poésie est liberté. Merci à mon frère, à Christophe, et à Chat-gpt d’avoir recherché pour moi ce poème de Claude ROY que j’aime beaucoup mais dont j’ignorais le titre, et auquel je pense souvent en promenant mes pieds sur le paysage.

MOUVEMENT (Claude ROY)
Ce cheval qui tourna la tête
Vit ce que nul n’a jamais vu
Puis il continua de paître
A l’ombre des eucalyptus.
Ce n’était ni homme ni arbre
Ce n’était pas une jument
Ni même un souvenir de vent
Qui s’exerçait sur du feuillage.
C’était ce qu’un autre cheval,
Vingt mille siècles avant lui,
Ayant soudain tourné la tête
Aperçut à cette heure-ci.
Et ce que nul ne reverra,
Homme, cheval, poisson, insecte,
Jusqu’à ce que le sol ne soit
Que le reste d’une statue
Sans bras, sans jambes et sans tête.