VERGINA, LA VILLE DE PHILIPPE-II ET D’ALEXANDRE

Vents d’Est, NE ou SE, cette côte de Thessalie est exposée. La marina de Platamontas a des tarifs raisonnables et offre une protection correcte des vents de sud, un peu moins de nord. La navigation depuis Nea Moudania est un régal,: aller où l’on veut avec le vent qu’il faut!

– Platamonas :

Petit port public transformé en marina ‘au pied du Mont Olympe (lequel comme l’Etna a le pied long). Aujourd’hui Zeus se cache dans la brume.

Yannis a beau être un garçon très gentil, la pêche à l’information ici est une occupation à plein temps. Etrangement depuis Samothrace, plus on monte dans le nord et plus tout le monde se comporte comme si on avait la vie pour deviner comment l’endroit fonctionne. Les numéros de la marina ne sont plus valables, la réservation n’est pas réservée, il n’y a pas de loueur de voitures sur place et celui qui traite avec le port est d’un foutisme rarement atteint en Grèce… bref il faut s’accrocher.

Je laisse tomber la visite de Thessaloniki pour me concentrer sur Vergina, la nécropole de Philippe II (& femmes): mieux vaut un endroit bien vu que trois endroits aperçus. Ce n’est pas acquis: sites éloignés les uns des autres, aucune info globale, aucun support un peu clair, et moults kilomètres à pied… Avec quatre allemands on tente vainement de résoudre le mystère du plan du site à l’entrée du parc qui abrite la nécropole.

– La tombe de Philippe :

 

Le tumulus contient des merveilles. Toutefois on aimerait bien, AVANT d”entrer dans les détails, qu’on nous rafraîchisse un petit peu la mémoire … L’obscurité, sans doute nécessaire à la survie des  pièces rend difficile la lecture des affichettes à quatre pattes … La collection est cependant unique. Les sépultures du IV-ème  siècle semblent avoir échappé au pillage.

Leur profanation collective actuelle est-elle pour autant légitime?

 

 

 

(le chêne de Macédoine a remplacé le platane… La qualité de travail du métal est stupéfiant, les petits glands sont très réalistes, et la finition de l’argent admirable)

 

– Le nouveau musée :

Pharaonique, récent, excentré et,.. globalement creux! Des salles immenses remplies de cailloux quelconques, de pointes de flèches, tessons de poteries, et parures diverses sagement alignés, des vitrines figées honorant le quantitatif … Comme en cuisine comme au cinéma, plus c’est mauvais plus on vous en colle une tartine! Un numismate pourra être d’un avis différent. La collection de monnaies vaut peut-être le détour.

A part un visage de jeune femme tout le reste m’a été indifférent.

    

– Le  palais d’Alexandre :

Un kilomètre de piste conduit à un théâtre (à l’emplacement d’un théâtre…) puis au palais. Je fais remarquer à la ‘guide’, que la personne âgée ou fatiguée qui a déjà marché 1/2h pour arriver à ce qu’il reste du théâtre se dispensera de pousser jusqu’au palais de Philippe. Aucune indication en bas de distance ni de temps.

La première impression est très positive: outre la beauté de l’emplacement, quasi mycénien, de très nombreuses colonnes sont debout et l’on se dit que ce palais est dans un état de conservation exceptionnel. A y regarder de plus près tout est rebâti sans vergogne. La moitié de ce qu’on voit est ..  remanié! Je ne suis pas agacé, je suis vénère: ça frise l’imposture, la mystification, ou le parc d’attraction! Eh quoi?.. si la même équipe se met en tête de reconstruire entièrement le temple d’Eukeia un peu plus bas, actuellement à l’état de fouilles,  on s’extasiera devant une “interprétation” scientifique remarquable?!

 

(l’archéologie repose sur la confiance. Sur ces photos qu’est-ce qui est vraiment d’origine? Jusqu’où doit-on reconstruire pour satisfaire les supposées attentes du public ?)

   

Il reste un panorama exceptionnel, un tumulus rare, et de belles choses à voir. Même si concernant Virgina, cette intelligence des musées grecs que je vous ai tant vantée, brille  ici plutôt par son absence. Cela dit la critique est Thésée… 🙂