– Edipsou :

Nous revoici à Edipsou. Je voulais mouiller devant les sources, les rochers jaunes à l’Est, les vieux hôtels, mais la houle nous aurait rendu la nuit impossible et nous allons au port. J’ai déjà beaucoup photographié la station balnéaire de Loutra-Edipsou. Il a beau y avoir du monde – on est dimanche – elle reste pour moi la belle alanguie du début du siècle précédent, romantique abandonnée et lumineuse. Les yeux ne peuvent pas toujours convaincre la cervelle.

Le lendemain nous allons prendre un bain dans les bassins, face à la mer, un vrai bonheur. Il n’y a presque personne.

– Limni :
Autre ambiance. Nous decendons des fleuves impassibles… Vent arrière faible sous génois seul, drakkar silencieux dans un grand fjord nordique, nous entrons sans trop y croire dans le petit port charmant mais saturé de Limni, aidés par Morten, danois marié à Valou, une française; la place ‘libre’ fait un mètre de plus que PONYO devant et derrière, entre deux bateaux à couple et un pêcheur. Nous les retrouverons à Chalkis…


… Chalkis où nous arrivons accompagnés par la plus grande bande de grands dauphins qu’il m’ait été donné de voir, 20, 30 individus, peut-être davantage, mâles, femelles, petits, se relayant sous notre étrave et tout autour, parfois jusqu’à 6 de front. Notre allure semble leur convenir. Je sais déjà que ni les photos ni les vidéos ne donneront rien. C’est à la fois frustrant et merveilleux. Alors on laisse tomber le frustrant et l’on s’abandonne au merveilleux!

– Chalkis :
Le soir nous passons le pont ouvrant dans le sens Nord-Sud à une heure raisonnable et sans stress pour aller finir la nuit au mouillage tout proche que je connais déjà. Mais je ne suis pas blasé: cela reste un événement nocturne à part, de temps suspendu un peu irréel.

Le lendemain nous prenons du gasoil au fond d’une anse à l’écart de tout qui ressemble à un étang; petite station-service sur la nationale qui dispose à l’arrière d’un quai pour les bateaux; là aussi je connais, mais décidément je ne m’habitue pas à ces petits moments précieux… Et nous poursuivons notre route vers Eretria dans ces paysages plats d’embouchures vaseuses que j’affectionne sans trop comprendre pourquoi.