DE LEROS A LIPSOI, DE LIPSOI A FOURNOI

– LEROS -XIROCAMPOS :

On est resté 11 jours ici! … C’est qu’on prendrait vite ses petites habitudes! Des gens partent, d’autres arrivent.. le mouillage sur bouée est sans souci, sauf le rayon d’évitage plus court qu’à l’ancre, ce qui n’est pas toujours compris par les voiliers de passage. Raison pour laquelle je m’empresse de ‘mettre à sécher’ quelques pare-battage sur le franc-bord de PONYO… simple mesure de précaution.

Annexe, “piscine”, douche sur la plage, taverna chez Aloni, eau douce près du stade… Il y a bien de l’eau à quai à Lakki, mais elle n’est pas potable. Alors j’improvise un harnais  de sangles autour d’un jerrican de20l (sur le dos ça ne pèse rien) et entreprends plusieurs voyages  jusqu’au  distributeur avant de partir. Curieusement à la “capitale” on ne peut pas non plus poster de lettres,  il faut aller à Agia Marina,  au nord-est de Léros. “Eh bien? … allons-y, mon ami, allons!”…

– LEROS AGIA-MARINA :  Ste Marine… 🙂

   

Je re-découvre Agia Marina, depuis la côte cette fois, et c’est plutôt une bonne surprise; joli village, vivant et tranquille, où il y a tout: une poste, une bonne boulangerie, un excellent glacier, un restaurant sur l’eau (mais allez donc réserver en saison une table pour ‘un’! J’y accoste en annexe .. “Réservations seulement par internet!”…  C’est full, bien sûr, je suis éconduit comme un vulgaire matelot! Il est vrai que manger a toujours été une activité d’importance dans la Marine.

Dans la plaisance aussi: classe d’âge, classe sociale… on oubliera des tas de choses avant celle-là! … Et puis on est en pleine saison.

De très gros yachts arrivent le soir; mais le côté bling-bling n’est ici pas trop insupportable et il en faut pour tous les goûts. D’ailleurs il n’y a qu’en France que le propriétaire d’un yacht de 40m passe pour un riche, et les pita-souvlakia d’en face sont délicieux, le super-marché bien achalandé… Hum..  il est temps d’y aller! J’ai posté ma lettre. Un vent de sud inespéré  de 12 noeuds nous accompagne les 3/4 du trajet jusqu’à  Lipsoi (Lipsi) où nous arrivons en fin d’après-midi. C’est encore une bonne pioche.

– LIPSOI :

   

De Lipsoi je ne connais que la baie sud, de Kouloura; j’ai un peu tendance à confondre Lipsoi et Fournoi plus au nord. Entre les deux, Harki, dont on dit le plus grand bien mais que je vais snober: bouées privées, peu de places, summer-sailors déjà installés à  midi pour être sûrs d’avoir une place la nuit, pas de mouillages bien convainquants …

Lipsoi n’échappe pas à la saturation. Le quai principal est rempli de bateaux loués aussi mobiles que des arapèdes  MAIS c’est la seule concession à l’été. Le reste du village est simple et “nature”, plutôt très sympathique. J’y aurais  volontiers passé quelques jours mais il faut profiter des vents d’ouest – sud-ouest pour gagner en lattitude tant que c’est faisable. L’idée étant de revoir Psara, Syros,.. mon copain  Ali peut-être; en tout cas rejoindre un coin où je puisse naviguer tranquille en septembre-octobre avec des amis sans être bloqué par le meltem.

– FOURNOI :

             (pêcheur de la baie de Kampi: les haricots-verts arrivent en premier, froids et non assaisonnés; puis les “german fishes” pêchés par l’homme à la barque,  à la fois très cuits et .. euh.. ‘al dente’.. Seul un petit bateau peut embouquer la passe. C’est là qu’on va se mettre à l’abri du nord-ouest avec PONYO).

 

“Va à Fourni, va à Fourni!”. Je ne connaissais que l’extérieur du quai de la ville et son affreux clapot; son congrès de “docteurs” qui monopolisait toute les places.  Là, pas de docteurs, mais pas de place non plus. Deux ports, seulement deux bateaux à voile à quai. Le reste c’est des pêcheurs. AUCUNE concession à l’été!

Fournoi est l’île la moins touristique que j’aie rencontrée en Grèce. Ici on semble d’abord vouloir rester comme on est  … ce n’est pas pour me déplaire. D’autant que pour attendre le vent fort de NO annonçé j’ai  déjà mouillé à Kampi (juste à côté de la baie où en mai des pêcheurs m’avaient aidé à m’amarrer; mais mon ancre ne tenait pas et j’avais dû partir)… La baie où se balance maintenant PONYO, était alors occupée par un gros yacht à moteur. A côté il y a même une taverna de plage ouverte pour la saison. Pas fameuse mais accueillante.

Fournoi-ville est un peu loin à pied, quoique pas tant que ça. Le lendemain j’y retourne en annexe un peu tard, le loueur de scooters est fermé; de toute façon j’ai oublié mon permis à bord. Tant pis je pars à pied en plein cagnard sans passer par la case repas, avec quand même une bouteille d’eau.  Les dieux me gratifient d’un salutaire filet d’air.

SUR LES HAUTEURS :

 

Le ciel est haut, la côte découpée… je  marche en bord de route, obnubilé par la mer, par la côte, les îles voisines, Icaria, Samos… La vue est de plus en plus belle au fur et à mesure qu’on s’élève, kilomètre après kilomètre. En fait ce qu’on aperçoit en haut ce ne sont pas des villages isolés, mais des ‘agias’, des chapelles blanches proprettes, dont celle d’agia marina. De chacune on aperçoit la suivante. Dans l’enclos de la dernère une mamie fait la sieste sous un arbre sur un matelas de mousse. Pour redescendre au port impossible de ‘couper ni de faire une boucle. la dame me trouve bien courageux ‘O Ilios, o Ilios!…’ Le soleil! Aucun grec doué de raison ne circulerait sous ‘le soleil’  à l’heure de la sieste. Mais quelle paix!

    

(la chapelle d’agia marina; la clef est sur la porte; “éteindre les cierges en partant pour ne pas risquer d’incendie”).

J’arrive en bas à 18h, rincé. La bouteille d’eau est à moitié vide. Je ‘descends’ 1l de bière à la première taverne qui passe, et puis encore 1/2 litre d’eau. Les  pieds en compote. Ravi. Les beignets de  courgettes sont un délice, le boeuf hâché… mais comment peut-on servir un truc aussi mauvais??

Il ne reste plus qu’à rajouter 10m de chaîne et attendre le coup de vent en rentrant tout ce qui dépasse! C’est ce qu’à dû conclure ma passagère clandestine, une authentique ‘cigale de mer’; j’avais un peu peur qu’elle rentre et me serve de réveil-matin.

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Ps: Il paraît que des touristes auraient demandé au maire de Beausset en Provence si l’on ne pouvait pas mettre de l’insecticide sur les cigales pour les empêcher de chanter… “ils n’ont qu’à aller en Su-ède” a répondu du tac au tac un autochtone… Entre le citadin et la nature ce n’est plus un fossé, c’est devenu un océan!