COTE D’AZUR

– LA CIOTAT :

A présent il nous  faut composer avec le vent de nord-ouest. Le plus dur nous l’avons passé à l’abri au port de St Mandrier. Mais même diminué il vient de là où nous voulons aller. Désormais ce sera moteur ou louvoyage, deux fois la route trois fois la peine…

En fait avec un vent de dix noeuds et sans impératif d’ETA précis (estimated time of arrival), je redécouvre avec un certain bonheur l’art du compromis entre cap et vitesse! il y a une grande satisfaction à truander le vent, remonter contre lui, choisir son point de virement, s’approcher ou non de la terre, et faire une route honorable pour un bateau dont le près n’est pas le point fort, mais qui ne se couvre pas de ridicule dans cet exercice de patience, de feeling et de réalisme.

La baie de La Ciotat c’est le mouillage idéal: immense, sableux, protégé et, à cette saison, calme.

 

Le matin nous parons le splendide cap de l’Aigle, et nous partons pour Marseille. En chemin je me laisse attendrir par PONYO qui rêve de voir les Calanques que j’avais visitées avec mon frère et SUNDY (mon précédent bateau, en ce moment aux Baléares sous la houlette – et la casquette – de Pierre-Jean  🙂

– CALANQUES :

On traverse la baie de Cassis et l’on s’approche d’En-Vau, Morgiou, Sormiou précédé par des bateaux à moteurs de particuliers, des promène-touristes, et tout un tas de kayaks de mer . Les calanques sont toujours aussi belles. Il y a quelque chose de magique dans la lumière Marseillaise, et une fois que nous avons établi les voiles, un grand bonheur à tirer des bords entre les îles de Riou, Calseraigne et de Jarre. Du sud de Jarre nous restons sur un seul bord jusqu’à Port Méjean en passant devant le Frioul, avec l’île d’If qu’on entrevoit derrière; puis la baie de Marseille, ND de la Garde, les ports… Le bonheur!

– PORT-MEJEAN, CARRY-LE-ROUET :

  

 

 

 

 

 

 

En arrivant de l’autre côté il souffle un Ouest de plus de 17 noeuds, et malgré mon envie de passer la nuit à Port-Méjean je préfère remonter jusqu’au port du Rouet (différent de celui de Carry-le -Rouet) qui offre une meilleure protection du NNW prévu cette nuit. Seul au mouillage avec une jolie goélette aperçue au Frioul. Aucune envie d’aller à terre. Les gens d’ici te rendent à peine ton bonjour et…

… et ce ne sont pas des voyageurs: ce sont des terriens sur l’eau. Je suis content d’avoir mis le doigt sur cette évidence que je ressens depuis l’Italie. Régatiers, pêcheurs, frimeurs, vacanciers, tout ce qu’on veut mais pas nomades. Règlements, papiers, employés de port, tarifs, indifférence… tout ça leur paraît normal:

“… Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé. Qu’est-ce là? lui dit-il. -Rien. -Quoi? rien?  -Peu de chose. – Mais encore? – Le collier dont je suis attaché est peut-être la cause.” Ah Jean de La Fontaine! tu as déjà tout dit, dans ta langue si belle…