EN ROUTE VERS CAPRI …

Tous pleins faits, nous voilà donc en route pour Capri. La remontée de cette côte italienne n’est pas palpitante, d’autant qu’à couper au plus court je ne la vois que d’assez loin.

Le vent n’est le plus souvent pas au rendez-vous, ou faible, mais pour l’instant ni contre ni hostile. Le moteur tourne à quatre noeuds, consomme trois litres par heure à cinq noeuds. Dix heures = trente litres; il faut s’approvisionner souvent, c’est à dire planifier.

Nombre de mouillages avec une station, sans trop de houle, et bénéficiant de commentaires globalement positifs, se situent au voisinage de marinas appartenant à  des petites stations balnéaires, pas trop bondées sauf le week-end. Mon ressenti est donc relatif. Mais il n’est pas fameux.

Oubliée la plaisance à la bonne franquette des îles égéennes:

prix élevés, bouées payantes autant qu’envahissantes, argent réclamé pour laisser son annexe à un quai (!) un ponton, témoignages de rackets ou même de vols…

– Escale à Cetraro : arrivés de nuit, nous mouillons à l’extérieur du port.

Je me rends à terre le lendemain pour aller faire quelques courses à ‘la Lidl (!)’ à 50m d’une petite plage où j’abandonne l’annexe  tandis que PONYO barbotte de l’autre côté de l’enrochement. Mais il est un peu tard pour partir pour Palinuro, étape assez longue;  nous passerons ici une nuit de plus.

 

Au matin quand je prends du gasoil à la station le gars me demande de me dépêcher; pourtant il n’y a pas foule … En fait le pauvre ne supporte plus de rester au soleil. Je comprends pourquoi les pompistes sont souvent à cran. Quand on a trop pris le soleil on le vit comme un stress.

Même un aussi joli coucher? …

 

– Le lendemain, à Agropoli : je me fends d’un petit tour de ville: je suis rouillé!… ça ne paraît pas mais huit heures, dix heures et plus d’affilée dans un voilier de onze mètres au moteur c’est long. Heureusement la tablette contient pas mal de livres; attention toutefois au surgissement du réel, surtout au moteur où l’on aurait tendance à piquer du nez et oublier où l’on se trouve.

 

 

– Déjà un autre soir, dans la petite baie de Palinuro ...

 

– … puis la traversée vers Sorrente en laissant Capri sur bâbord.

Je comptais m’y arrêter mais tous les mouillages sont décriés pour cause de houle, de surfréquentation,, ainsi que la plupart des marinas pour leurs tarifs exorbitants, leur accueil antipathique… CAPRI semble faire l’unanimité contre elle dans à peu près tous les domaines… sauf la beauté!

L’étape suivante sera la traversée du golfe de Naples jusqu’à ISCHIA, île à peine moins connue qui  le pare au nord-ouest comme Capri l’orne au sud;  j’ai repéré une anse où passer la nuit, juste face à Procida. Aucune envie de vérifier si Naples est à la hauteur de sa réputation en terme de malhonnêteté… non, décidément, avec toutes les réserves qui s’imposent lorsqu’on généralise, l’Italie ne m’attire pas. Le souvenir de la Grèce est encore trop présent. Je ne m’imagine pas passer trois ans ici. Il me tarde de dépasser Rome et d’arriver en Corse.

D’autant que la zone orageuse s’étend et que naviguer au moteur contre le vent risque d’être notre lot jusqu’à l’île d’Elbe.

Arrivé un peu au nord de Sorrente, je mouille à Méta, au pied de falaises interrompues  à cet endroit par une petite plage étroite. Les maisons sont construites en hauteur, comme à Procida, ou ailleurs dans le le golfe, jusqu’à Ischia. Parfois cela donne des villages suspendus, colorés, jolis … dont la visite depuis  mer n’est pas pratique, en tout cas ne cadre pas avec le rythme que je m’impose pour cette remontée.

Peut-être en ais-je un peu marre; ou suis-je un peu las d’être matraqué par ce clapot permanent que lèvent des kyrielles de hors-bords, navettes, yachts, tout le monde à fond,  peut-être la topographie des fonds sous-marins l’entretient-elle. Vers Capri c’est l’enfer.

Las ou pas c’est le tonnerre et le vent qui me réveillent à six heures, sous ma falaise. Je garde mon slip et je passe une veste; démarre le moteur, enlève la main de fer de la chaîne, branche tous mes instruments, ainsi que l’alarme de mouillage pour être alerté si mon ancre dérapait insensiblement. Pendant un moment tout va bien, mais les vagues se forment et le mouillage souffre. Allez. On part; direction Ischia.Une demi-heure plus loin j’envoie le génois réduit. Le vent souffle à 15 puis 20 puis 25 noeuds.. pourtant on s’éloigne de l’orage. Mais on frise les huit noeuds dans cette houle brouillonne. Le vent tombe à mi-parcours.

Enfin… dans l’intervalle le moteur s’est tu, et ça, ça repose!

Ah… j’allais oublier… Quoi donc?… Le Vésuve, bien sûr!