(adieu Cythère…)
ELAFONISOS SUD , CAP TENARE (PORTO KAGIO) , GROTTE DE DIROS :
Elafonisos c’est la petite île au sud du 1er doigt du Péloponnèse, à droite si la carte a bien le nord en haut. île aux plages aussi magnifiques que difficiles à photographier; eaux turquoises, baies séparées par un étroit cordon littoral, baigneurs de toutes origines, et première baignade de la saison, eau à 23-24.

Sans être pressé, je dois être à Prévéza le 1er juillet, le vent n’est pas avec nous, et il faut jongler avec la météo, profiter des accalmies pour avancer au moteur… La traverseé vers le cap Ténare est l’exception avec un vent faible puis soutenu travers, et je vise Porto Kagio que je ne connais pas; baie quasi fermée sous la tour d’Achille, qui malgré le monde et la profondeur est assez fiable avec du bon sable et des rabattants pas trop méchants.

Et puis la grotte de Diros. J’ai hésité; me suis fié aux appréciations dithyrambiques sur internet. Bon. C’est pas Lascaux, c’est pas l’Aguzou. Promenade en barque un peu monotone, mais pas désagréable avec des américains perturbés par un avion à prendre… et déjà le cap sur Kalamata.

LA REMONTEE VERS KALAMATA :

Parmi les choses que l’on ne peut pas créer, comme l’intelligence (ah bon?), le talent, la vie… il y a le vent. Cela laisse toute latitude pour admirer au moteur cette majestueuse et sauvage région du Magne, longtemps restée isolée, avec ses maisons hautes ressemblant à des forts, austère comme celles de Sartène en Corse, et magnifique avec le massif du Taygète (le Profitis Elias ou Taleton culmine à 2404m) en toile de fond. La légende dit que les enfants trop faibles ou malformés de Sparte étaient abandonnés sur ses pentes
.
KALAMATA :

Ville dynamique, orthogonale, agréable à vivre avec de grandes places, des terrasses fréquentées, de la jeunesse comme à Patras, Corinthe, Chanakale… Pas très glamour, arborée, jakarandas en fleurs et pas mal de voitures.

SPARTE ET MYSTRAS :

J’en loue une pour aller à Sparte, commets l’erreur de prendre l’autoroute à l’aller, et de m’obstiner à chercher le site historique (théâtre, Stoa, temple d’Athena) avant d’aller à Mystras, site bizantin connu (sauf de moi) où je n’aurai pas le courage de m’arrêter. Au retour je prends la route qui passe par la montagne, route belle qui serpente entre des gorges verdoyantes où les voitures sont encore rares, effondrée par endroit; l’hiver doit être rude.
Un couple de Bergame déplore la manie de ‘reconstruire‘ des archéologues grecs, et je me sens moins seul. Pas trop d’excès ici, mais la réhabilitation du théâtre est en cours et j’appréhende par avance le résultat.

– ET PUIS TOUT LE RESTE … :
… le reste, c’est ce qui ne se voit pas, les ports aux forts vénitiens à ‘visiter absolument’, les choix météo, la .. réalité météo, les bonnes surprises de la navigation (un joli bord travers imprévu à 6 noeuds et demi de Kalamata à Koronis), les moins bonnes (une claque à 25 noeuds sous le cap Akritas) (*) , les ‘plutôt intéressantes’ où l’on découvre les limites de son bateau en tâtonnant si l’on fait un peu violence aux habitudes (la remontée au près jusqu’à Méthoni)…

( * ) Attention Windy ne prévoit Pas ce genre de phénomènes locaux. Mais un vent jusque là régulier qui faiblit et cherche sa direction, mais une ligne bleue sombre avec des moutons blancs au loin… c’est le moment de rentrer du génois et de prendre un ou plusieurs ris tant que c’est facile et qu’on en a le temps, selon le vent synoptique, le relief, et le ressenti du moment. Quand on s’est fait piéger une fois, on imagine plus facilement ce passage de rien à tout du vent en Méditerranée.
Bref tout ceci est difficilement communicable. Je viens de passer une heure à réparer le câble de l’Iphone avec du papier de chocolat… pas sûr que cela mérite d’être rapporté dans ce blog.
La mort de Charlie Dalin par contre … Bons vents à toi, là-haut …
