ZAKYNTHOS

Ami qui n’aime pas les propos venimeux, saute direct! Avec un peu de chance tu auras ton quart d’heure de positive attitude dans mon prochain article, je serai à Vathy, (ITHACA) demain, où j’espère retrouver les amis suisses de “VINARIOS“.

Les utilisateurs qui postent des messages sur Navily pour apprécier, ou  pire, noter leurs escales sont nombreux à parler à propos de Zakynthos, d’un port géré par une véritable ‘maffia’: surfacturation, détournement de fonds publics, compteurs non remis à zéro prix x 2 ou x 3 à la pompe à essence etc.. Le summum étant le gars qui  venu avec un jerrycan de 20l s’en est vu facturer 40 !  Je n’ai jamais lu ça avant,  on n’a jamais vu ça ailleurs, en Grèce.

Aussi, pourquoi aller s’entasser dans un endroit où tout le monde te prévient qu’il ne faut pas aller?

 

Le mouillage, un peu plus loin, sera tranquille, et je n’ai besoin de rien; juste faim. Je gonfle l’annexe, la mets à l’eau, et il ne me faut pas beaucoup de coups de rames pour me rendre compte que la côte est enrochée, face au vent et à la houle, et que le plus sûr est encore de la tirer sur la plage pleine de monde un peu plus loin.

Je repense à Laurent qui me demandait où je la laissais en sécurité en me rendant à terre. Eh bien… dans ces cas-là je dirai à l’endroit où il y a le plus de familles, où ça parle grec, et où les gens sont blancs . . .  je déconne!! Pas question de passer ma vie à  flipper pour une annexe, qui plus est sans moteur, petite et même pas neuve..

 

Je reviens vers le centre et m’attable au premier restau venu. Erreur fatale- 404. Ce n’est pas pour rien s’il Est le premier venu. Je commande un steack, de veau, pas un ‘biftek’ (haché), et pendant que je me régale car il est très bon, j’observe le personnel faire la retape chez les passants. Les vacanciers très propres, petites chemises  pastel façon lin, jolies robes de plage flatteuses, de qualité, et … l’addition  ne me surprend pas en bien! Le sourire du serveur s’est déjà attaché au client suivant.

Voyager c’est savoir reconnaître les odeurs, les situations, comme un requin une molécule de vénalité par mètre-cube d’eau ou par piscine, une absence de bonjour, de réponse, d’empathie qui toujours passe par la cervelle, par l’évaluation, la comparaison, l’exclusion.

Je me balade sur le port, public mais… réservé. Tout vous crie que vous n’êtes pas le bien venu, que vous ne respectez pas leurs codes. Quinze voiliers anglais plus loin je tombe sur un bijou nommé “Mystery”, américain, un beau voilier, seize mètres peut-être, bois et technologies de pointe, winches électriques , pont en teck, vernis miroirs, capots de pont récents … J’ignore si le propriétaire est bon marin, mais je sens qu’il à choisi, en amoureux,  ce qui se fait de mieux pour son bateau.

Non, l’argent ne fait pas à lui tout seul la vulgarité… Mais il y contribue. Cette île, plutôt jolie, ne m’a pas plu.

 

En revenant l’annexe est toujours là. Un peu en retrait de la plage,  on est passé en mode reggae, street-food,  jeunesse et vie locale. Les touristes ne vont pas là, d’habitude. Méfiance et vague hostilité. Pourquoi ces gens-là nous aimeraient-ils: on ne les “fait pas travailler” on les exclue.

J’avise trois jeunes noires sur un muret en mode selfie et fais semblant de vouloir être sur la photo avec un grand sourire; si c’était prémédité ça ne marcherait. Mais elles rient gentiment. J’enlève mes chaussures, mets l’annexe à l’eau en faisant attention à ne pas me casser la figure; et je repars en souriant, à la rame, dans ma petite barque que personne ne m’a prise, qui ne risque pas de blesser un gamin, qui n’inquiète personne, et ne fait aucun bruit.

Les voleurs n’étaient pas de ce côté-ci de la plage.